"Order !" : John Bercow, le célèbre speaker de la Chambre des communes britannique, quitte son poste

Le \"Speaker\" de la Chambre des communes britannique John Bercow, le 30 octobre 2019, à Londres. 
Le "Speaker" de la Chambre des communes britannique John Bercow, le 30 octobre 2019, à Londres.  (JESSICA TAYLOR / AFP)

Le speaker connu pour ses remarques tonitruantes quitte le fauteuil vert qu'il a occupé pendant dix ans. Il était devenu ces dernières années une icône des "Remainers", partisans d'un maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne.

C’est évidemment le rappel à l’ordre le plus célèbre, de l’histoire : "Order !" Repris, parodié, remixé. Si ses interventions musclées l'ont rendu célèbre tout autant que ses cravates flamboyantes, John Bercow reste surtout l’homme qui, en l'espace de dix ans, a considérablement modernisé le Parlement en remettant au goût du jour les questions urgentes pour obliger les ministres à venir s’expliquer face aux députés. Et ce, sans ménagement : "Le Premier ministre a fini de parler. Et il peut me croire, puisque c’est moi qui le lui dit, 'c’est fini !'", lança-t-il à Boris Johnson.

Plus que ses prédécesseurs, le speaker, le président de la Chambre des communes, a pris ces dernières années des positions tranchées sur des sujets de politique intérieure et étrangère. "Je suis encore plus opposé qu’avant a un discours de Donald Trump !" avait-il déclaré en juillet 2018, assis dans son fauteuil vert devant les députés britanniques.

Le héros des europhiles

Ses interventions pour empêcher Theresa May, puis Boris Johnson, de présenter à plusieurs reprises le même projet de loi sur le Brexit en s’appuyant sur une loi du 17e siècle ont fait de lui un héros pour les europhiles... un traître pour les autres.

Mais pour Rob Wilson, ancien député, journaliste au Telegraph et auteur d’un article intitulé "Bon débarras" : "John Bercow est devenu malheureusement partisan. Ce n’est pas bien pour le Parlement, il a pris parti dans les débats et avantagé une partie du parlement au détriment de l’autre."

Ce n’est pas la seule accusation. Son secrétaire dénonce aussi des vexations, des remarques et parle de harcèlement moral. Des allégations rejetées par la Commission parlementaire, qui a choisi de ne pas ouvrir d’enquête sur le sujet.

Quoiqu'il en soit, le président de la Chambre des communes aux cravates bariolées aura profondément changé le fonctionnement de la démocratie anglaise ces dix dernières années. John Bercow, 56 ans, avait annoncé le 9 septembre qu'il démissionnerait de ses fonctions le 31 octobre, date alors prévue du divorce entre le Royaume-Uni et l'UE, mais depuis repoussée.

A Londres, le reportage d'Antoine Giniaux.
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