"Les députés mettront de côté leur loyauté pour empêcher un no deal" : au Royaume-Uni, les adversaires de Boris Johnson s'organisent

Drapeaux devant le Parlement de Westminster, à Londres, au Royaume-Uni.
Drapeaux devant le Parlement de Westminster, à Londres, au Royaume-Uni. (NIKLAS HALLE'N / AFP)

À moins de deux mois de l'échéance de sortie du Royaume Uni de l'Union européenne, le Parlement britannique s'apprête à vivre une nouvelle folle semaine et un bras de fer inédit avec le Premier ministre Boris Johnson.

"Bien sûr, nous avons entendu le Premier ministre dire qu'il mènerait la vie dure aux députés conservateurs qui ne le soutiendraient pas. Mais un certain nombre d'entre eux ont compris qu'une sortie sans accord serait un véritable désastre", affirme le travailliste Justin Madders. Les députés britanniques reprennent mardi 3 septembre le chemin de la Chambre des communes et des élus conservateurs "rebelles" s'apprêtent à soutenir l'opposition pour tenter d'imposer un nouveau report du Brexit et empêcher une sortie brutale de l'Union européenne. De son côté, Boris Johnson menace les députés de convoquer des élections anticipées.

"Des députés conservateurs mettront de côté leur loyauté envers le parti pour voter avec nous et empêcher un no deal. Nous avons le nombre de députés", poursuit Justin Madders.

Bras de fer avec Boris Johnson

Tout le week-end, des élus travaillistes, libéraux-démocrates et quelques conservateurs hostiles à Boris Johnson ont multiplié les échanges par messages, pour mettre au point leur contre-offensive. Comment ? Faute d'arrangement avec Bruxelles d'ici le 19 octobre, un nouveau report du Brexit devrait être demandé.

Cela me fait rire, parce que j'ai regardé pour voir quelles démarches ont été prises, et depuis juin, il n'y a presque rien. Donc il n'y a vraiment pas de preuves que Monsieur Johnson cherche un autre accord.Tom Brake, député libéral-démocrateà franceinfo

Un casus belli pour Boris Johnson, qui juge que cela l'affaiblirait dans ses négociations avec Bruxelles, alors qu'elles commencent, assure-t-il, à porter leurs fruits. Ce qui fait sourire le député libéral-démocrate Tom Brake : "Il y a eu deux contacts par téléphone, entre Boris Johnson et Jean-Claude Juncker, il y a eu David Frost, le négociateur du gouvernement qui est allé à Bruxelles la semaine dernière, et à part ça, il n'y a rien eu. Boris Johnson veut que nous sortions de l'Union européenne le 31 octobre sans accord."

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