Le Parlement britannique adopte la réforme de l'immigration post-Brexit

Le Premier ministre britannique Boris Johnson au Parlement, à Londres, le 13 mai 2020.
Le Premier ministre britannique Boris Johnson au Parlement, à Londres, le 13 mai 2020. (JESSICA TAYLOR / AFP)

L'immigration de citoyens des pays les plus pauvres de l'UE avait été l'un des grands thèmes de la campagne du référendum de 2016. A partir de 2021, le système britannique doit favoriser les candidats à l'immigration exerçant une profession hautement qualifiée.

Les parlementaires britanniques ont adopté, lundi 18 mai, la loi mettant fin à la libre circulation des travailleurs de l'Union européenne après le Brexit. Le texte abolit, à compter de 2021, les droits spécifiques à immigrer pour les citoyens de l'Espace économique européen (Union européenne, Islande, Norvège et Liechtenstein) et de Suisse. Il ne détaille pas les nouveaux critères pour autoriser ou non l'immigration. Mais le Premier ministre Boris Johnson a déjà présenté un projet de système par points, qui doit favoriser les candidats exerçant une profession hautement qualifiée.

L'immigration de citoyens des pays les plus pauvres de l'Union européenne avait été l'un des grands thèmes de la campagne du référendum de 2016 sur la sortie ou non de l'UE. Il s'était soldé par la victoire de ceux qui souhaitaient redonner au Royaume-Uni le contrôle de ses frontières, grâce au Brexit. La ministre de l'Intérieur, Priti Patel, a promis lundi un système "plus ferme, plus juste et plus simple", qui allait notamment "jouer un rôle vital" contre la pandémie de coronavirus.

Une procédure de visa accélérée pour les soignants

Son opposant travailliste Nick Thomas-Symonds a rétorqué que la loi était "une menace pour le NHS [les hôpitaux publics britanniques] au moment ou nous avons besoin de lui plus que jamais". Pour immigrer, il faudra en effet gagner au moins 25 600 livres par an (28 600 euros). C'est moins que le salaire médian national, mais plus que ce que gagnent beaucoup de salariés du secteur de la santé et du social. Un peu plus de 13% des salariés du NHS sont étrangers, et 5,5% sont citoyens de l'UE.

Priti Patel a souligné que le gouvernement avait mis en place une procédure de visa accélérée pour les médecins, infirmiers et autres professionnels de santé. L'exécutif a aussi promis une prolongation automatique d'un an pour les visas dans ces professions devant expirer d'ici à octobre. Après avoir quitté l'UE le 31 janvier, le Royaume-Uni est entré dans une phase de transition jusqu'au 31 décembre. Elle maintient la libre circulation des travailleurs, le temps de négocier les futures relations entre le pays et les 27. L'Irlande sera exemptée des règles d'immigration, en vertu d'un accord de libre circulation antérieur à l'adhésion des deux pays à l'UE en 1973.

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