Désavouée par des députés de son propre camp, Theresa May se trouve encore affaiblie pour négocier le Brexit

Theresa May au Parlement de Westminster, à Londres, mercredi 13 décembre 2017. 
Theresa May au Parlement de Westminster, à Londres, mercredi 13 décembre 2017.  (AFP)

Cette défaite, sa première depuis le début des travaux parlementaires sur ce projet de loi, tombe mal pour la Première ministre alors que s'ouvre jeudi à Bruxelles un sommet européen ouvrant la 2e phase des discussions du Brexit. 

C'est un camouflet pour la Première ministre britannique. Victime de la rébellion d'une partie de son propre camp, Theresa May a perdu, mercredi 13 décembre, un vote crucial sur le Brexit au Parlement. Un échec qui expose sa faiblesse à la veille d'un sommet européen. 

Grâce aux voix de députés conservateurs faisant fi de la position du parti, le Parlement a adopté un amendement prévoyant que tout accord final conclu avec Bruxelles soit ratifié par un vote contraignant du Parlement de Westminster. 

Etudié dans le cadre de l'examen du projet de loi gouvernemental sur la sortie de l'Union européenne, ce texte était par ailleurs présenté par un député appartenant lui-même à la majorité conservatrice, l'ancien procureur général Dominic Grieve. 

Vers une fronde parlementaire ?

Son adoption, rendue possible grâce aux voix de 11 députés conservateurs rebelles, illustre plus que jamais la fragilité de Theresa May, qui, depuis son revers aux dernières législatives de juin et la perte de sa majorité absolue, est à la merci d'une fronde parlementaire.

Cette défaite, humiliante, sa première depuis le début des travaux parlementaires sur ce projet de loi, vient ternir une des rares séquences positives sur laquelle surfait la dirigeante après la conclusion vendredi d'un compromis avec Bruxelles sur les conditions du Brexit. Elle tombe également fort mal pour la Première ministre alors que s'ouvre jeudi à Bruxelles un sommet européen de deux jours, qui doit décider de passer à la 2e phase des discussions du Brexit, sur les futures relations commerciales entre Londres et l'UE.

"Ce soir, le Parlement a repris le contrôle du processus de sortie de l'UE", a tweeté la députée conservatrice Nicky Morgan, pro-UE. Cette "défaite est une humiliante perte d'autorité pour le gouvernement", a taclé de son côté le patron du Labour, Jeremy Corbyn. Pour la militante anti-Brexit Gina Miller, l'adoption de l'amendement est une "victoire" de la "souverenaité parlementaire".

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