Comment les résultats de l'Euro pourraient influencer le référendum sur le Brexit

(CITIZENSIDE/GEORGES ROBERT / CITIZENSIDE)

Selon plusieurs études, la possible élimination des nations britanniques engagées à l'Euro pourrait provoquer une morosité qui handicaperait le camp du maintien au sein de l'UE.

Jeudi 23 juin, l'avenir de l'Europe se jouera dans les urnes britanniques, à l'occasion du référendum sur une possible sortie de l'UE du Royaume-Uni. Mais ce vote pourrait se jouer en partie dès lundi 20 juin au soir, à l'occasion des derniers matchs de poule de l'Euro 2016, avec les matchs Slovaquie-Angleterre et Russie-Galles lundi soir, mais aussi marrdi avec Irlande du Nord-Allemagne. Une défaite des équipes britanniques pourrait en effet les éliminer de l'Euro, et du coup modifier l'humeur de leurs supporters-électeurs, influant indirectement sur le cours de l'histoire.

C'est ce que relaie le Washington Post (en anglais), en se basant sur plusieurs travaux statistiques. Le premier est une étude scientifique américaine datant de 2010. Elle montre que les résultats positifs des équipes universitaires de basket, très populaires aux Etats-Unis, ont tendance à favoriser les candidats sortants aux élections locales. Dix jours après une victoire, ils bénéficieraient ainsi d'un gain électoral supplémentaire d'environ 1,5 point, un avantage qui peut s'avérer décisif lors d'une élection serrée.

En 1970, le Labour battu à cause du Mondial

Ce genre de phénomène a déjà été suspecté au Royaume-Uni, notamment en juin 1970, lorsque l'équipe d'Angleterre, alors championne du monde en titre, fut battue 3-2 par l'Allemagne en quart de finale de la Coupe du monde, après avoir pourtant mené 2-0 à l'heure de jeu. La claque est telle, que les Britanniques ont alors éprouvé une "incrédulité accablante", comme le dit le Guardian. Elle provoqua une morosité générale, fatale au Parti travailliste, battu aux législatives organisées quatre jours plus tard.

Si une défaite, ou une victoire, peuvent influer sur un résultat électoral, reste à savoir dans quel sens. Certains partisans du "non" à l'Europe espèrent que les possibles triomphes britanniques provoquent une vague de fierté patriotique et prouvent la puissance du Royaume-Uni indépendant.

Le sentiment pro-européen lié aux performances

Mais une dernière étude scientifique, basée sur les résultats de l'Euro 2008, affirme le contraire. Cette année-là, l'équipe des Pays-Bas a réussi une phase de poule triomphale, et dans le même temps, le sentiment pro-européen est resté stable chez les citoyens néerlandais. Les Français, confrontés à l'échec total des Bleus dans cette phase de groupe, ont au contraire vécu une chute brutale (-7 points) de l'image de l'Europe en France.

La conclusion de l'étude est que l'Union européenne apparaît ici comme le statu quo, la normalité, qui ne profite pas de l'enthousiasme lié au football. En revanche, quand tout va mal, on cherche des responsables, notamment politiques, et l'Europe est souvent prise pour cible. Au Royaume-Uni, les partisans du "In", c'est-à-dire ceux qui veulent rester européens, ont donc tout intérêt à sortir leurs écharpes et à soutenir les joueurs anglais, gallois et nord-irlandais.

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