Brexit : trois questions sur le calendrier dévoilé par Theresa May

La Première ministre britannique, Theresa May, arrive à la conférence annuelle du Parti conservateur, le 2 octobre 2016, à Birmingham (Royaume-Uni).
La Première ministre britannique, Theresa May, arrive à la conférence annuelle du Parti conservateur, le 2 octobre 2016, à Birmingham (Royaume-Uni). (TOBY MELVILLE / REUTERS)

La cheffe du gouvernement britannique a levé le voile, dimanche, sur les plans de Londres.

Le Brexit se précise enfin. La Première ministre britannique, Theresa May, a annoncé, dimanche 2 octobre, sur la BBC (en anglais), que le Royaume-Uni enclencherait le mécanisme de sortie de l'Union européenne "avant fin mars 2017". De nombreuses questions restent encore en suspens, mais certaines réponses commencent à se dessiner.

Le Brexit, c'est pour quand ?

On ne sait toujours pas quand le Royaume-Uni quittera l'UE, mais on sait désormais quand les négociations pourront officiellement commencer : "Nous déclencherons l'article 50 [du traité de Lisbonne] avant fin mars l'an prochain", a déclaré Theresa May, qui, depuis son arrivée au pouvoir, refusait de préciser un calendrier. 

Une fois ce coup d'envoi donné, les parties prenantes auront deux ans, sauf dérogation contraire, pour s'accorder sur les modalités du divorce. Ce dernier devrait donc être acté d'ici le printemps 2019.

A quoi ressemblera l'accord de sortie de l'UE ?

Sur ce point, Theresa May n'est pas entrée dans les détails, se contentant de répéter qu'elle veut "le meilleur accord pour les Britanniques". Le maintien dans le marché unique ? Le contrôle de l'immigration réclamé par les électeurs du Brexit ? Une certitude : les responsables européens ont clairement signifié que l'un ne va pas sans l'autre et que Londres ne bénéficiera pas de régime de faveur. 

Comment Londres compte-t-elle mener les négociations ?

La Première ministre a promis une "transition en douceur", pendant laquelle le Parlement britannique sera invité à décider quelles lois européennes resteront en vigueur au Royaume-Uni. Pour cela, le Parlement devra adopter une "Great Repeal Bill" qui transcrira les textes européens dans le droit britannique, qui pourra alors être modifié en fonction des dispositions européennes retouchées ou effacées. Cette loi permettra également au Royaume-Uni de couper les ponts avec la Cour de justice de l'Union européenne.

Pour le reste, c'est encore flou, ce qui fait craindre aux milieux économiques l'absence de plan du gouvernement, d'autant que le ministère chargé du Brexit n'a pas encore finalisé la constitution de son équipe. Theresa May doit composer avec, d'un côté, les partisans d'un "Brexit allégé", prêts à rester dans le marché unique et à laisser la porte entrouverte aux immigrants européens et, de l'autre, les tenants d'un "Brexit dur", soit une rupture nette et rapide, avec une immigration jugulée et la sortie du marché unique.

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