Brexit : que nous apprend la pétition pour un second référendum, signée par plus de 2 millions de personnes ?

Dans une rue de Londres, le 24 juin 2016.
Dans une rue de Londres, le 24 juin 2016. (LEON NEAL / AFP)

Samedi après-midi, la pétition, lancée la veille, avait déjà recueilli plus 1,5 millions de signatures. En début de soirée, plus de deux millions de personne ont signé ce texte en ligne. 

Ils veulent rester dans l'Union européenne. Samedi 25 juin, plus de deux millions de personnes ont signé une pétition demandant la tenue d'un second référendum sur le maitien du Royaume-Uni dans l'UE. Elle réclame un nouveau vote, le premier, jeudi, ayant décidé un Brexit par 51,9% des voix. 

Jamais une pétition publiée sur le site du gouvernement et du parlement britannique n'avait obtenu autant de signature, a relevé le site Metro.co.uk (lien en anglais)

Qui sont les signataires ? 

Le résultat marque de profondes divisions dans le pays : jeunes contre vieux, Ecosse, Irlande du Nord et Londres contre périphéries des grandes villes et campagnes. Ainsi, une carte détaillant la provenance des signataires indique que les Londoniens, ou encore les habitants de grandes villes et villes universitaires, comme Oxford, Cambridge, York, Leeds, Sheffield, Manchester, Brighton ou Bristol, comptent chacune plusieurs milliers de signataires. 
Etonnamment, les Ecossais et les Nord-Irlandais, qui ont massivement voté pour le maintien du Royaume-Uni dans l'Union europénne, ont assez peu signé la pétition lancée par William Oliver Healey. 
Une carte indique où se trouvent les signataires de la pétition réclamant un second référendum sur le Brexit. 
Une carte indique où se trouvent les signataires de la pétition réclamant un second référendum sur le Brexit.  (PETITION MAP)
Par ailleurs, il suffit de cocher une case attestant que vous êtes bien un citoyen britannique et de fournir un code postal pour pouvoir voter, ce qui permet à n'importe qui de se prononcer ou de fausser les résultats. 

La pétition peut-elle vraiment entraîner un second vote ? 

Le Parlement britannique se doit d'examiner dans les 21 jours toute pétition dépassant les 100 000 signataires. Avec plus de  deux millions de signatures, elle répond évidemment à ce critère. Ainsi, le comité chargé de se pencher sur ces textes se réunira mardi après-midi.

En revanche, cet examen, sous forme d'un débat, n'engage à aucun vote ou aucune décision et ne peut en aucun cas remettre en question le résultat du référendum.

En théorie, le Premier ministre peut ignorer le résultat du référendum et lancer un débat sur cette question au parlement, espérant que les députés votent en majorité pour le maintien. "Au Royaume Uni, le Parlement est souverain et les référendums ne sont généralement pas contraignant," rappelle le quotidien.

Revenir sur ce vote semble également impossible d'un point de vue politique. Selon un expert en droit constitutionnel britannique cité par The Telegraph, Vernon Bogdanor, un second référendum est ainsi "très improbable". "Je ne pense pas que l'UE voudra encore négocier, ils vont considérer que ce vote [de jeudi] est définitif".