Brexit : "C'est un jour triste pour l'Europe et pour le Royaume-Uni ", regrette François Hollande

François Hollande, ancien président de la République, invité de franceinfo le 22 mai 2018.
François Hollande, ancien président de la République, invité de franceinfo le 22 mai 2018. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / FRANCE-INFO)

Pour l'ancien chef de l'Etat, "il y a beaucoup d’incertitudes sur ce que va devenir le Royaume-Uni lui-même". 

"C'est un jour triste pour l'Europe et pour le Royaume-Uni car ce n'est jamais facile un divorce, même si on en est à l'origine", indique à franceinfo François Hollande, alors que le Royaume-Uni quitte officiellement vendredi 31 janvier à minuit l'Union européenne.

L'ancien président de la République estime qu'avec ce Brexit, "les Britanniques ont l’impression de sauter dans le vide, et d’une certaine façon, il y a du vide puisqu’il y a beaucoup d’accords commerciaux qui ne sont pas encore négociés et réglés". Pour François Hollande, "il y a beaucoup d’incertitudes sur ce que va devenir le Royaume-Uni lui-même : est-ce que l’Ecosse ne va pas demander à faire un référendum pour sa propre indépendance ? Il y a aussi l’idée que l’économie peut être affectée".

À un moment, quand vous êtes simplement une institution de gestion, et quelques fois de contraintes, vous n’attirez plus, vous ne séduisez plus et on vous quitte.François Hollandeà franceinfo

L'ex-chef de l'Etat juge que l'ancien Premier ministre britannique, David Cameron, a certes "respecté une promesse qu’il avait faite dans sa campagne électorale" mais qu'il a fait une "erreur", celle "de ne pas avoir convaincu les Britanniques de l’intérêt de rester dans l’Union européenne". "Le Brexit, c'était la preuve que beaucoup voyaient dans l'Europe ce qu'elle ne faisait pas, et pas suffisamment ce qu'elle faisait", explique-t-il. Pour l'ancien président, "l’Europe est trop à l’arrêt".

"Cela ne doit pas empêcher l’Europe d’avancer", avertit François Hollande. Il regrette que ce soit "de plus en plus difficile d’avancer à 27". "Quand c’était 28 avec les Britanniques, ce n’était pas plus facile, il faudra sûrement que dans cette Europe à 27, il y ait quelques pays qui avancent plus vite sur des sujets majeurs pour les Européens, et notamment les Français, la transition écologique, la défense, la lutte contre le terrorisme", ajoute-t-il.

Vous êtes à nouveau en ligne