Brexit : avant la rentrée des députés britanniques, quels sont les scénarios possibles ?

La Chambre des communes, photographiée le 22 mai 2019.
La Chambre des communes, photographiée le 22 mai 2019. (JESSICA TAYLOR / UK PARLIAMENT / AFP)

La Chambre des communes va siéger une semaine, à l'issue de laquelle le Parlement sera suspendu pour une durée de cinq semaines. 

Le Parlement britannique s'apprête, mardi 3 septembre, à prendre des décisions majeures pour l'avenir du Royaume-Uni, à moins de deux mois de la sortie programmée de l'Union européenne. Un Brexit avec un accord obtenu à l'arrachée avec l'UE, un nouveau report, des élections législatives anticipées, ou bien un "no deal" qui devient chaque jour plus probable... Voici les scénarios possibles à l'issue de cette semaine à hauts risques. Le Parlement sera ensuite suspendu pour cinq semaines, comme l'a décidé le Premier ministre Boris Johnson.

Scénario n°1 : un Brexit sans accord

Londres et Bruxelles ne parviennent pas à s'entendre et le Royaume-Uni quitte l'Union européenne sans accord de retrait le 31 octobre.

Ce scénario est particulièrement redouté par les milieux économiques, qui craignent une dégringolade de la livre, une envolée de l'inflation, voire une récession, avec le rétablissement de droits de douane et le spectre de pénuries de produits alimentaires, d'essence et de médicaments.

Ironie de la situation : même une fois sortis de l'UE sans accord, les Britanniques devraient reprendre les échanges avec Bruxelles pour définir leur future relation, et rien n'empêchera alors l'UE de remettre sur le tapis la disposition de l'accord de retrait refusée par le Premier ministre Boris Johnson, le "backstop", filet de sécurité visant à empêcher une frontière entre l'Irlande du Nord, province britannique, et la république d'Irlande, toujours membre de l'UE.

Scénario n°2 : un nouveau report

Les députés britanniques votent une loi contraignant le gouvernement à demander un troisième report de la date de sortie du Royaume-Uni de l'UE, initialement prévue le 29 mars, afin d'éviter une sortie brutale le 31 octobre.

L'opposition mais aussi plusieurs conservateurs rebelles prévoient de voter un tel texte, même si Boris Johnson a menacé d'exclure du parti les Tories qui le soutiendraient. Et il a affirmé lundi soir qu'"en aucune circonstance" il ne demanderait un report à Bruxelles.

Les députés doivent en tout cas agir très vite car ils n'ont que quelques jours pour légiférer avant la suspension du Parlement la semaine prochaine et jusqu'au 14 octobre, date décidée par Boris Johnson. Encore faudrait-il ensuite que le gouvernement se conforme à la volonté du Parlement. Le ministre chargé des préparatifs en vue du Brexit, Michael Gove, a refusé de dire si le gouvernement se soumettrait à une telle législation, alimentant les craintes d'un passage en force. 

Scénario n°3 : des élections anticipées

Pour contrer les manœuvres de l'opposition et des Tories rebelles, Boris Johnson pense avoir trouvé une parade : l'organisation d'élections générales anticipées, avec l'espoir d'augmenter sa majorité, qui ne tient qu'à un siège à la Chambre des communes. Un pari risqué.

Ce scrutin se déroulerait le 14 octobre, soit avant le Conseil européen des 17 et 18 octobre qui doit sceller le sort du Brexit – avec ou sans accord.

Mais le chef de l'exécutif a besoin pour ce faire d'une majorité des deux-tiers du Parlement. Or l'opposition travailliste, par la voix du député Tony Lloyd, et plusieurs Tories rebelles, dont Philip Hammond, ex-ministre des Finances du gouvernement de Theresa May, ont rejeté mardi l'idée que le Premier ministre dicte la date d'un tel scrutin et refusent qu'il se tienne avant le passage de leur loi pour reporter le Brexit.

Scénario n°4 : un Brexit avec accord

Londres et Bruxelles parviennent à décrocher un accord et à s'entendre sur la question cruciale du filet de sécurité irlandais, ou "backstop", que Boris Johnson veut éliminer.

Londres devait présenter de nouvelles propositions pour remplacer le "backstop", mais à ce jour, nul ne les a vues. Et le négociateur de l'UE Michel Barnier a exclu dimanche de renégocier cette disposition. Ce qui rend un tel scénario fort improbable en l'état.

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