"37 millions de boîtes de médicaments de l'Union européenne arrivent au Royaume-Uni chaque mois" : le patient anglais s'inquiète du Brexit

Une pharmacie à Londres (illustration). 
Une pharmacie à Londres (illustration).  (MAXPPP)

La fièvre montre chez les Britanniques sous traitement médical. Ils redoutent de manquer de médicaments, alors que s'approche la date du Brexit, pour l'instant fixée au 29 mars. 

"Personne n’a l’air d’être capable de dire avec certitude qu’il n’y aura pas de rupture des chaînes d’approvisionnement et que personne ne va mourir", déplore Wendy Novak, installée avec d’autres diabétiques, lundi 25 février, devant le ministère de la Santé. Tous redoutent le Brexit du 29 mars, à tel point que certains font des stocks

"Je prends deux sortes d’insuline. La première avant de manger, et la deuxième le soir. Le produit vient des Pays-Bas. Alors je suis extrêmement inquiète : que va-t-il se passer s’il n’y a pas d’accord entre Londres et Bruxelles ?", poursuit Wendy Novak, allongée, sous des draps blancs aux allures mortuaires, afin d'interpeller le gouvernement. Comme d'autres patients souffrant du diabète, elle approuve l'idée d'un deuxième référendum pour la sortie de l'Union européenne, à présent envisagé par le chef de file de l'opposition britannique, le travailliste Jérémy Corbyn. 

Un risque de pénurie bien réel

Le Royaume-Uni importe les deux tiers de ses médicaments. Quelque 3 200 molécules viennent du continent, explique Sue Lamerton, médecin à la retraite. "Il y a 37 millions de boîtes de médicaments qui arrivent au Royaume-Uni tous les mois en provenance de l’Union européenne. C’est énorme, non ? lance-t-elle. Et il va y avoir d’autres difficultés, en ce qui concerne les radios, les scanners. Le cadre légal est défini par des organismes européens. Si on sort de l’Union européenne sans accord, ce sera une catastrophe pour le marché du médicament."

Pour tenter de faire réagir le gouvernement, le groupe a fait circuler une pétition. Signée par 16 000 patients et leurs proches, elle réclame, le plus vite possible, l’organisation d’un deuxième référendum. C'est le cas d'Anita dont la mère a subi une transplantation cardiaque. "Le Parlement est bloqué, le parti conservateur est complètement divisé, mais il va bien falloir qu’il se passe quelque chose. On ne va pas rester bloqués pour toujours", s'exclame-t-elle, venue du pays de Galles pour s'adresser aux députés. "J’espère qu'on aura un deuxième référendum pour qu’on demande aux gens si c’est vraiment pour tout cela qu’ils ont voté : les entreprises qui s’en vont, le personnel hospitalier qui s’en va, la nécessité de stocker des médicaments, de stocker de la nourriture. Est-ce que c’est vraiment pour cela que vous avez voté ?" ajoute Anita.  

Le risque de pénurie de médicaments inquiète les patients britanniques, à l'approche du Brexit - un reportage d'Antoine Giniaux
--'--
--'--

Vous êtes à nouveau en ligne