La France et la Grande-Brertagne ont lancé mardi une série de projets militaires communs sans précédent

Le Charles-de-Gaulle dans les eaux méditerranéennes, le 10 juin 2010
Le Charles-de-Gaulle dans les eaux méditerranéennes, le 10 juin 2010 (AFP - Philippe Wojazer)

Le Premier ministre britannique David Cameron et le président français Nicolas Sarkozy ont signé aujourd'hui lors d'un sommet bilatéral à Londres deux traités inédits de coopération en matière de défense.Cette "coopération sans précédent", selon l'Elysée, se fera "dans le respect total de l'indépendance des forces de dissuasion des deux pays".

Le Premier ministre britannique David Cameron et le président français Nicolas Sarkozy ont signé aujourd'hui lors d'un sommet bilatéral à Londres deux traités inédits de coopération en matière de défense.

Cette "coopération sans précédent", selon l'Elysée, se fera "dans le respect total de l'indépendance des forces de dissuasion des deux pays".

Des essais nucléaires communs
Ainsi que l'ont également précisé les responsables britanniques, ce rapprochement des deux seuls pays du Vieux-Continent dotés de la force de frappe nucléaire doit leur permettre de prolonger, malgré la crise, leurs ambitions militaires mondiales mais ne s'opèrera pas au prix d'un quelconque renoncement à leur indépendance.

Un premier traité prévoit que les deux pays pourront simuler à partir de 2014 le fonctionnement de leur arsenal nucléaire dans une installation commune près de Dijon en Bourgogne, selon l'Elysée.
Le nouveau laboratoire sera complété par un centre de recherche franco-britannique commun qui sera, lui, implanté à Aldermaston, dans le sud-est de l'Angleterre.

Sur ce sujet très sensible, les deux pays ont tenu à démentir tout abandon de souveraineté. "Il n'y aura pas de double clé sur nos armes nucléaires (...) il n'y aura pas de partage de nos secrets nucléaires", a même assuré un responsable britannique.

Un second traité portera création d'une force militaire expéditionnaire conjointe, intégrant des éléments terrestres, maritimes et aériens. De la taille d'une brigade (environ 5.000 hommes) pour chaque pays, elle ne sera pas "permanente", contrairement à la brigade franco-allemande existante, mais "restera disponible en permanence" pour des opérations bilatérales ou sous les drapeaux de l'ONU, de l'Otan ou de l'Union européenne (UE), selon la même source.

Cette force commune, qui participera à ses premiers exercices conjoints dès 2011, sera capable de "mener des opérations de haute intensité", a-t-on également indiqué à la présidence française, "ce ne sera pas qu'une force de type Croix-Rouge".

En plus de ces deux projets-phare, Paris et Londres, soumis à une sévère cure d'austérité budgétaire ont décidé de partager, à partir de 2020, leurs deux porte-avions pour permettre aux avions de l'un des pays d'opérer à partir du navire de son voisin ou d'utiliser le navire du voisin si son bâtiment est en maintenance ou en réparation. L'entretien du futur avion de transport A400M et l'entraînement de ses pilotes seront aussi mutualisés.

Cette "nouvelle phase de la coopération" entre les armées de deux pays, à l'histoire jalonnée de batailles et de rivalités féroces, même largement motivée par des considérations financières suscite les critiques de nombreux eurosceptiques issus du Parti conservateur de David Cameron.

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