La Bulgarie élit son Parlement dans un climat de tension

(Georgi Licovski Maxppp)

Dans un climat de crise sociale, les Bulgares renouvellent leur Parlement ce dimanche. Selon des observateurs, ce scrutin dans le pays le plus pauvre de l'Union européenne pourrait prolonger l'impasse politique dans laquelle se trouve le pays.

Après un hiver tendu, le printemps n'est pas calme en Bulgarie. Le pays le plus pauvre de l'Union européenne se rend aux urnes ce dimanche pour renouveler son Parlement après la démission en février du Premier ministre Boïko Borissov sous la pression de la rue.

Ces élections législatives anticipées risquent de conduire à une impasse et de raviver la crise sociale qui ronge le pays. En effet, les sondages officieux cités par la presse mettent au coude à coude le parti conservateur Gerb de l'ex-Premier ministre, et le parti socialiste (PSB), et ne dégagent pas de majorité.

Bonne participation à la mi-journée

Après une campagne électorale ayant viré au règlement de comptes entre socialistes et conservateurs autour d'un scandale d'écoutes illégales, les Bulgares ont semble-t-il entendu l'appel aux urnes avec près de 30% de participation à la mi-journée.

Si aucun gouvernement n'était formé après le scrutin, le cabinet intérimaire dirigé par le diplomate Marin Raykov restera au pouvoir pour expédier les affaires courantes jusqu'à l'organisation de nouvelles élections à l'automne, un scénario envisagé par de nombreux politologues à Sofia.

Salaire moyen inférieur à 400 euros

D'autres n'excluent pas non plus une reprise de la crise sociale de l'hiver dernier. Des dizaines de milliers de Bulgares étaient alors descendus dans les rues des grandes villes pour protester contre l'explosion de leur facture d'électricité, qui avait plus que doublé en janvier comparé au mois précédent. Un choc dans un pays où le salaire moyen est inférieur à 400 euros.

Sous l'influence de la société civile, le mouvement spontané s'était transformé en une vaste mobilisation contre la misère chronique, le chômage, et la corruption qui ronge la classe politique et les institutions du pays. Mais la tenue de ce scrutin anticipé a empêché les groupes civils de s'organiser en mouvement politique, condamnant la population à choisir entre des partis contre lesquels elle avait protesté.

Un scrutin terni par des affaires

Par ailleurs, le climat est encore plus alourdi par la révélation ce samedi de la saisie par le Parquet de Sofia de 350.000 bulletins de vote suspects dans une imprimerie chargée par le gouvernement d'imprimer l'ensemble des bulletins. 

D'autres affaires d'achats de vote, pratique répandue en Bulgarie qui séduit les plus démunis, avaient déjà terni ces élections. Au total, quarante-trois enquêtes judiciaires ont été ouvertes dans tout le pays, membre de l'Union européenne depuis 2007.