L'Espagne fait plonger les Bourses européennes

L\'indice espagnol Ibex en chute libre le 20 juillet 2012, à Madrid. 
L'indice espagnol Ibex en chute libre le 20 juillet 2012, à Madrid.  (PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP)

Le pays affiche des taux d'emprunt records, faisant craindre aux investisseurs un plan de sauvetage global.

Les taux d'emprunt espagnols s'envolent, les Bourses européennes décrochent. Vers midi, lundi 23 juillet, Paris dévissait de 2,14%, Francfort de 1,74%, Londres de 1,68%. Milan plongeait de plus de 5% et Madrid de 5,4%. Athènes, de son côté, dégringolait de 6%.

La situation de l'Espagne est au cœur des préoccupations des investisseurs. Ils craignent que la quatrième économie de la zone euro soit dans l'obligation de demander une aide financière globale et non plus seulement pour ses banques, dont le plan de sauvetage a été validé vendredi par la zone euro.

La région de Valence appelle à l'aide

Loin d'être rassurés par le feu vert européen allant jusqu'à 100 milliards d'euros, les investisseurs se sont surtout inquiétés de la demande d'aide, le même jour, de la région de Valence, une des plus importantes d'Espagne.

Cette demande intervient alors que le gouvernement espagnol a revu à la hausse, vendredi, le taux de chômage en 2012, à 24,6%, et prévu une poursuite de la récession en 2013. A ce sombre tableau est venue s'ajouter lundi l'annonce d'une aggravation du recul du Produit intérieur brut (PIB) au deuxième trimestre (-0,4%), selon des estimations de la Banque d'Espagne.

Une intervention de la BCE ?

"Les spéculations progressent sur un plan de soutien à grande échelle", résument les économistes de Crédit agricole CIB. Vers midi, les taux d'intérêt à 10 ans de Madrid atteignaient 7,44% après avoir touché un peu plus tôt 7,5% (contre 7,226% vendredi en clôture), signant un nouveau plus haut depuis la création de la zone euro en 1999. Ces taux sont jugés insoutenables sur la durée pour l'Espagne.

Selon les analystes, le seul espoir à court terme réside dans une intervention de la Banque centrale européenne (BCE). Cela "reste une possibilité dans les semaines à venir si la situation se détériore encore", estiment les stratégistes de BNP Paribas.