L'Equateur n'a pas pris de décision sur l'accueil de Julian Assange

Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, lors d\'une conférence de presse à Londres, le 27 février 2012.
Le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, lors d'une conférence de presse à Londres, le 27 février 2012. (CARL COURT / AFP)

Poursuivi par la justice suédoise, le fondateur du site WikiLeaks est réfugié depuis deux mois à l'ambassade d'Equateur à Londres. Il demande l'asile politique à Quito.

EUROPE - Assange pourra-t-il quitter Londres ? L'Equateur a démenti, mardi 14 août, les informations données par le site internet du Guardian selon lesquelles il avait accordé l'asile politique au fondateur du site WikiLeaks, Julian Assange, réfugié depuis près de deux mois à l'ambassade d'Equateur à Londres. Il a précisé que la décision incombait au président équatorien, Rafael Correa.

"Lorsque nous prendrons une décision, nous expliquerons très clairement les motifs et le cadre légal soutenant l'octroi ou non de l'asile politique à M. Assange", a déclaré le président équatorien dans une conférence de presse. Lundi soir, il a déclaré à la télévision nationale qu'il répondrait dans le courant de la semaine à la demande d'asile du fondateur de WikiLeaks. 

"La rumeur d'un asile accordé à M. Assange est fausse. Aucune décision n'a encore été prise à ce sujet. J'attends un rapport du ministère des Affaires étrangères", a d'ailleurs précisé Rafael Correa sur son compte Twitter, mardi soir. Il avait indiqué la veille qu'il avait prévu de s'entretenir, mercredi, avec les diplomates équatoriens en poste à Londres pour prendre sa décision.

Londres devra donner son feu vert

Julian Assange, un Australien de 41 ans, est accusé par la justice suédoise de viol et d'agression sexuelle. Depuis le 19 juin, il est réfugié à l'ambassade d'Equateur à Londres, où il a déposé une demande d'asile politique, pour éviter son extradition vers la Suède. Le fondateur de WikiLeaks dit redouter d'être transféré dans un second temps aux Etats-Unis pour y répondre d'espionnage, après la divulgation via son site de 250 000 télégrammes diplomatiques américains.

Rafael Correa, dirigeant de gauche très critique envers Washington, a affirmé à plusieurs reprises que "s'il s'avérait que la vie d'Assange était en danger, c'était une raison qui justifiait l'octroi de l'asile", soulignant que "la peine de mort pour des délits politiques existe aux Etats-Unis". Dans le cas où Quito déciderait d'accorder l'asile politique à Julian Assange, rien ne garantit toutefois que les autorités britanniques le laisseraient quitter le territoire. La justice britannique a en effet donné son feu vert à son extradition vers la Suède, et Julian Assange a enfreint les conditions de sa liberté surveillée. Faute d'accord entre Quito et Londres pour un sauf-conduit, Julian Assange pourrait demeurer dans les locaux de l'ambassade pendant des années.