L'Assemblée vote une résolution pour promouvoir le drapeau et les symboles européens

Les drapeaux français et européen, derrière le président de l\'Assemblée nationale, François de Rugy, le 27 juin 2017.
Les drapeaux français et européen, derrière le président de l'Assemblée nationale, François de Rugy, le 27 juin 2017. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Emmanuel Macron a officiellement effectué, mi-octobre, la démarche pour que la France reconnaisse les symboles européens. La France insoumise avait, de son côté, demandé le retrait de ce drapeau.

Le drapeau aux étoiles restera dans l'Hémicycle. L'Assemblée nationale a voté, lundi 27 novembre dans la soirée, une proposition de résolution LREM pour promouvoir les symboles de l'Union européenne. Parmi eux, le drapeau européen, dont la présence au Palais-Bourbon reste contestée par certains partis, comme La France insoumise.

La proposition a été adoptée à main levée par les députés LREM, MoDem, Constructifs, socialistes et une partie des LR. Il a été rejeté par les "insoumis" et les communistes. Ce texte, composé d'un article unique, invite le gouvernement à prendre toutes les mesures pour promouvoir les symboles européens, notamment dans le cadre de la journée de l'Europe du 9 mai.

Le drapeau et l'hymne reconnus par 16 pays sur 28

Le groupe de Jean-Luc Mélenchon avait tenté, sans succès, de remplacer le drapeau européen dans l'Hémicycle par celui de l'ONU. Emmanuel Macron a officiellement effectué, mi-octobre, la démarche pour que la France reconnaisse les symboles européens. Le drapeau représentant un cercle de douze étoiles d'or sur fond bleu ou l'hymne tiré de L'Ode à la joie de Beethoven ont été reconnus comme symboles par 16 des 28 pays européens, par la signature d'une déclaration annexée au traité de Lisbonne.

"Malgré toutes les difficultés, les Françaises et les Français ont porté au pouvoir une majorité qui croit en l'Europe et ses institutions, qui souhaite l'améliorer sans la renier", a lancé le chef de file des députés LREM, Richard Ferrand. Reprenant l'angle d'attaque de la majorité, qui a déjà les élections européennes en tête, il a affirmé que "la recomposition politique à laquelle nous assistons depuis mai dernier divise ceux qui pensent que, nous Européens, partageons un avenir commun, et ceux, nationalistes, qui pensent que nous serions mieux seuls".

Un drapeau d'inspiration "religieuse", pour les "insoumis"

"Evitons le chantage où la seule alternative serait le nationalisme le plus brutal ou le libéralisme", a exhorté plus tard Alexis Corbière. Il a réaffirmé l'hostilité des "insoumis" à un drapeau d'inspiration "religieuse" puisant dans des représentations de la Vierge Marie, ou défendu "une harmonisation sociale et fiscale" plutôt qu'"une unité dans la diversité", formule de la devise européenne.

Dans un plaidoyer, Jean-Louis Bourlanges (MoDem), ex-eurodéputé, a affirmé que "le rapport à l'Europe comme à la France n'est pas une affaire de distribution et de rétribution mais d'identité", critiquant aussi "M. Mélenchon et les ultra-jacobins".

Présente mais silencieuse, Marine Le Pen avait posé un petit drapeau français sur son pupitre, comme d'autres de son groupe. Elue sous la bannière FN, Emmanuelle Ménard a évoqué le "drapeau européen de [s]on cœur, drapeau européen de [s]a raison". Mais elle a critiqué le "pouvoir bruxellois" et jugé que la "culture, la morale, et les modes de vie" de l'Europe étaient "menacés par des vagues de migrations sans précédent".