L'affrontement Hollande-Merkel vu des capitales européennes

François Hollande et Angela Merkel, le jeudi 18 octobre, à leur arrivée à Bruxelles (Belgique) pour le sommet européen. 
François Hollande et Angela Merkel, le jeudi 18 octobre, à leur arrivée à Bruxelles (Belgique) pour le sommet européen.  (BERTRAND LANGLOIS / AFP)

Le sommet européen s'ouvre ce soir à Bruxelles. Paris défend l'union bancaire, Berlin l'union budgétaire... L'analyse des correspondants européens de France 2. 

EUROPE – Alors que s'ouvre, jeudi 18 octobre au soir, à Bruxelles, le sommet des Vingt-Sept, la tension entre la France et l'Allemagne occupe le devant de la scène. François Hollande et Angela Merkel ont affiché publiquement leurs profondes divergences sur l'avenir de la zone euro, par interviews interposées. Le président de la République a rappelé que l'objectif du sommet était de mettre en place les mécanismes de l'union bancaire. La chancelière allemande, elle, privilégie l'union budgétaire en voulant confier au commissaire européen aux Affaires économiques un droit de veto sur les budgets nationaux des Etats membres. FTVi vous livre l'analyse des correspondants de France 2 en Europe. 

Vu de Bruxelles : "L'issue du sommet est incertaine"

François Beaudonnet : "Nicolas Sarkozy était souvent perçu comme brutal, mais ses déclarations  restaient claires. Depuis l'arrivée de François Hollande, les Vingt-Sept avaient du mal à savoir ce que la France voulait faire. Mais son entretien dans la presse européenne, mercredi, a permis de clarifier ses positions. Au risque d'aller au clash, car ces dernières ne sont pas forcément compatibles avec celles de Bruxelles : Hollande répète à ses partenaires que sa priorité est le retour de la croissance, la Commission préfère mettre l'accent sur l'avenir de la zone euro et la réforme du système européen. Allemands et Français s'opposent toujours sur ces points et la nouvelle proposition d'Angela Merkel, la possibilité de retoquer le budget d'un des pays membres, ne va pas améliorer les relations entre Paris et Berlin. L'issue du sommet européen qui s'ouvre ce soir est très incertaine.

Vu de Rome : "Ne pas se laisser écraser par le géant allemand"

Renaud Bernard : "Rome est sur la même ligne que Paris sur la nécessité de la rigueur, à condition qu'elle soit accompagnée de la croissance. Les Italiens ne veulent pas que Berlin impose ses conditions, et ne veulent pas se laisser écraser par le géant économique et ultra-rigoriste. Pour eux, toutes les voix en Europe doivent être prises en considération." Ecoutez l'ensemble de son analyse : 

Vu de Londres : "La Grande-Bretagne ne se sent pas concernée"

Jacques Cardoze : "La presse britannique souligne que pour la première fois depuis bien longtemps, l'axe franco-allemand est sous pression. Le Guardian estime 'que François Hollande est à la recherche d'un new deal avec Merkel'. Et que sans cet accord, la crise en Europe pourrait s'aggraver encore. Mais la Grande-Bretagne ne se sent pas concernée par ces débats. Il souffle un vent anti- européen à Londres en ce moment. Huit ministres veulent un référendum pour organiser la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union européenne, ce qui complique la position de David Cameron auprès de ses partenaires européens. Le Premier ministre écarte l'idée d'une sortie, mais accepte l'idée d'un rapatriement des pouvoirs de Bruxelles vers Londres et n'écarte pas la possibilité d'organiser un référendum. Peter Mandelson [numéro 2 de l'exécutif du précédent gouvernement], pro-européen, estime que la position de David Cameron consiste actuellement à organiser une sortie partielle de l'Union européenne. Et qu'il pourrait annoncer cette position clairement en décembre."

 

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