Jean-Claude Trichet s'est montré sévère samedi à l'égard de l'UE et dit avoir eu le sentiment de prêcher dans le désert

Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, donne une conférence de presse à Frankfurt (Allemagne), le 7 juillet 2011.
Le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, donne une conférence de presse à Frankfurt (Allemagne), le 7 juillet 2011. (AFP - Boris Roessler)

"On a pratiqué en matière de gouvernance économique une négligence coupable. Le Pacte de stabilité et de croissance, notamment en France, n'a jamais été considéré comme absolument indispensable", a affirmé le président de la Banque centrale européenne (BCE) au cours d'un débat organisé lors des Rencontres économiques d'Aix.

"On a pratiqué en matière de gouvernance économique une négligence coupable. Le Pacte de stabilité et de croissance, notamment en France, n'a jamais été considéré comme absolument indispensable", a affirmé le président de la Banque centrale européenne (BCE) au cours d'un débat organisé lors des Rencontres économiques d'Aix.

"Quand on a une monnaie unique et pas de budget fédéral, il faut avoir une surveillance très attentive des politiques budgétaires" et à cet égard, "j'ai eu le sentiment de prêcher dans le désert", a-t-il ajouté.

Le Pacte de stabilité et de croissance, qui imposait aux Etats membres de la zone euro des déficits publics limités à 3% de leur Produit intérieur brut, était vu comme "l'illustration d'une orthodoxie excessive".

"Nous avons dû lutter", mais aujourd'hui, "si on avait appliqué rigoureusement l'ensemble du cadre de surveillance européen, on serait probablement dans une situation meilleure", a dit M. Trichet.

"Un pays a prouvé sa résilience pendant la crise", a toutefois insisté le président de la BCE, faisant référence à l'Allemagne. "Comme par hasard, c'est un pays qui a mené une politique de sagesse et qui en est récompensé; le secret, c'est une gestion attentive, régulière, constante", a-t-il fait remarquer.

Aller plus loin dans la gouvernance
Le président de la BCE, dont le mandat s'achève en novembre, s'est dit "très ferme sur la recommandation d'aller le plus loin possible sur le renforcement de la gouvernance, dans le cadre du traité actuel".

A cet égard, "nous avons un Parlement européen qui pousse dans le bon sens et un Conseil qui ne me paraît pas comprendre à quel point il est nécessaire que la surveillance soit renforcée dans de nombreux domaines", a-t-il dit.