Italie : élections sur fond d'incertitudes

(Reuters)

Les Italiens votent dimanche et lundi pour élire leurs députés et sénateurs. Et déterminer le nouveau président du Conseil après la démission de Mario Monti. Selon des sondages, interdits de publication dans le pays depuis deux semaines, la gauche devrait l'emporter, talonnée par le parti de Berlusconi. Et le comique Beppe Grillo, trublion de la campagne, pourrait compléter le podium.

Les bureaux de vote ont ouvert en Italie. Jusqu'à lundi, 15 heures, les citoyens de la péninsule sont appelés à élire députés et sénateurs. Comme le montre Mathilde Lemaire, envoyée spéciale de France Info à Rome, tout est prêt pour accueillir les Italiens.

A eux de choisir qui incarnera le futur du pays, et l'offre est pour le moins variée. Entre Mario Monti, président du Conseil sortant à la popularité en berne, le favori des sondages Pierluigi Bersani, l'éternel retour de Silvio Berlusconi, et l'irruption du trublion Beppe Grillo, la campagne électorale sur fond de crise a fait la part belle à des styles opposés.

Les forces en présence

Donné gagnant, avec 34% des suffrages, le leader de la gauche Pierluigi Bersani (Parti démocrate) a inscrit sa campagne dans la lignée - gagnante - de celle de François Hollande en France : Barsani, c'est "l'homme normal" de l'Italie.

Normal, voilà une épithète qui irait mal à Silvio Berlusconi. Véritable Sylvester Stallone de la vie politique italienne, du fait de ses retours successifs, "Il Cavaliere " a réussi son pari. Parti en queue de peloton, son Parti de la liberté est annoncé second sur la ligne d'arrivée, talonnant la coalition de gauche. Sa campagne, Berlusconi l'a menée comme il sait le faire, mélangeant tout, promesses populistes (rembourser toutes les taxes d'habitation), gros coups médiatiques (en utilisant la vitrine de son club de football, le Milan AC)... Enterré en décembre, Berlusconi fait peur, à nouveau. A tel point que le réalisateur Nani Moretti, soutien affiché de Pierluigi Bersani, a appelé les Italiens à "se libérer " du "Cavaliere ".

Pas vraiment invité à la "table des grands" politiques, Beppe Grillo n'en a eu cure. Il a enfoncé la porte. Le truculent comique au parcours atypique s'est pourtant effacé derrière son "mouvement cinq étoiles " : il ne sera pas candidat aux législatives. A grands cris de "renvoyons-les tous chez eux ", le "Coluche italien" comme il se surnomme, a su piocher à droite et à gauche parmi les nombreux déçus de la politique.

Mario Monti, lui le "technicien " arrivé pour remplacer Silvio Berlusconi et sauver l'Italie est rentré dans le rang. Homme politique "comme les autres ", les sondages le donnent largement perdant de ces élections. Dépassé (en intentions de vote) par Beppe Grillo, le centre qu'il représente ne devrait pas dépasser 10% des suffrages.

Loi électorale complexe

Il n'empêche, le système électoral italien est tel qu'une "ingouvernabilité " pourrait découler de ces élections. En effet, la coalition arrivée en tête n'est pas garantie de disposer de la majorité dans les deux Chambres, et aurait donc un bâton dans les roues dont se passerait n'importe quel homme politique en temps de crise.

La principale crainte des marchés et des pays européens est que le vainqueur des élections à la Chambre des députés ne dispose pas d'une majorité suffisante au Sénat, du fait de ces règles électorales différentes. Chose qui rendrait le pays instable, voire ingouvernable. Beaucoup de questions se posent sur l'avenir de l'Italie, troisième économie de la zone euro. Réponses lundi soir.

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