Islande : le centre-droit gagne les élections, la gauche sanctionnée

La Première ministre islandaise sortante, Johanna Sigurdardottir, salue ses concitoyens à Reykjavik (Islande), le 26 avril 2013.
La Première ministre islandaise sortante, Johanna Sigurdardottir, salue ses concitoyens à Reykjavik (Islande), le 26 avril 2013. (SIGTRYGGUR JOHANSSON / REUTERS)

Les électeurs ont rejeté la politique d'austérité menée par la gauche au pouvoir depuis 2009, dans un pays marqué par la crise financière. Paradoxalement, les deux partis aux manettes avant la crise reviennent au pouvoir.

"Les électeurs ont la mémoire courte", déplore Anna Katrin Kristansdottir, une électrice de 49 ans penchant à gauche, à la sortie d'un bureau de vote de Reykjavik, en Islande. Ses concitoyens ont choisi de remettre au pouvoir l'opposition de centre-droit, arrivée nettement en tête des élections législatives, samedi 27 avril.

Une projection, faite par la télévision publique RUV à partir du dépouillement de 45% des bulletins, donnait le Parti de l'indépendance (droite) en tête devant le Parti du progrès (centriste). Ils ont bénéficié de la lassitude des Islandais après des années marquées par la rigueur budgétaire et les dégâts laissés par la crise financière de 2008.

Paradoxalement, ce sont ces deux mêmes partis qui ont présidé à la libéralisation du secteur financier dans les années 2000, débouchant sur une hypertrophie du secteur bancaire qui a été fatale à l'Islande lors de la crise. Les électeurs ont néanmoins sanctionné la coalition de gauche, au pouvoir depuis 2009.

La candidature à l'UE probablement enterrée

Le poste de Premier ministre a été revendiqué par le conservateur Bjarni Benediktsson, 43 ans, tandis que le centriste Sigmundur David Gunnlaugsson, 38 ans, se disait prêt à collaborer avec lui.

La Première ministre, Johanna Sigurdardottir, ne se représentait pas, prenant sa retraite à 70 ans. Mais après avoir appliqué pendant une bonne partie de son mandat les recettes inspirées par le Fonds monétaire international, qui a prêté à Reykjavik 1,6 milliard d'euros entre 2008 et 2011, elle s'est dite "très triste" de la défaite de la gauche.

Conséquence du scrutin, la perspective d'une adhésion de l'Islande à l'Union européenne s'éloigne. Les deux partis arrivés en tête sont hostiles à la candidature du pays, lancée en 2009.

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