"Ils parlent beaucoup mais ils ne font rien !": l'extrême droite suédoise capitalise sur les mécontentements

Kim Fredriksson, candidat SD, ici en campagne devant la cabane de son parti.
Kim Fredriksson, candidat SD, ici en campagne devant la cabane de son parti. (FRANCEINFO / RADIOFRANCE)

La Suède, réputée consensuelle, ouverte et tolérante, pourrait succomber à la vague populiste. Les Suédois sont appelés aux urnes dimanche 9 septembre et le parti d'extrême droite des Démocrates de Suède pourrait devenir le deuxième parti politique du pays.

"Avant tout le monde avait du travail ! Il n'y avait pas de voitures qui brûlaient !", regrette cet ouvrier, rencontré dans la zone industrielle située à l'ouest de Stockholm. Seul dans un immense hangar, l’homme fond de l'aluminium pour en faire des pièces automobiles. Il poursuit : "La Suède a disparu ! Des gens qui pensent comme moi, y'en a partout ici."

400 000 demandeurs d'asile accueillis en cinq ans

A 63 ans, il n'a jamais voté. Dimanche 9 septembre, lors des élections communales, régionales et législatives. il se déplacera pour soutenir les Démocrates de Suède. Ce parti anti-immigration, nationaliste et europhobe a fait campagne contre la politique migratoire du gouvernement. Le pays a accueilli 400 000 demandeurs d'asile en cinq ans, surtout des Syriens. 

Il y a eu tellement de migrants qui sont arrivés que ça ne peut que poser des problèmes. Les partis au pouvoir depuis des années ont mal dirigé le pays. Ils parlent beaucoup mais ils ne font rien…un ouvrier suédoisà franceinfo

Et s’il est réputé pour être consensuel, ouvert et tolérant, le pays pourrait succomber à la vague populiste. Le parti d'extrême droite des Démocrates de Suède, crédité de 20% d'intentions de vote, pourrait devenir le deuxième parti politique du pays.

Dans un spot publicitaire au ton angoissant, le parti décrit une Suède en déliquescence rongée par la violence. N'hésitant pas à faire l'amalgame entre immigration et criminalité. Kaisa est infirmière. Elle a longtemps voté à gauche mais est devenue militante SD depuis quatre ans. "Certains changements se font graduellement mais là, c'est brutal, indique-t-elle. Par exemple moi quand j'étais petite, je pouvais traverser la ville seule à vélo la nuit. Aujourd'hui c'est impensable que mes petits-enfants fassent la même chose."

Les Démocrates de Suède ne se cachent plus

Spot publicitaire, campagne d'affichage, forte présence sur les réseaux sociaux : les Démocrates de Suède ne se cachent plus. Né en 1988, le parti a dû attendre 2010 pour entrer au Parlement... Et c'est surtout grâce à son leader, Jimmie Akesson. Look de gendre idéal, lunettes ronde et cheveux gominés. Il a su nettoyer le parti aux racines néo-nazi et expulser le moindre auteur de dérapages. "Au fur et à mesure que les gens ont vu qu'on expulsait les moutons noirs, explique Kim Fredriksson candidat d'extrême droite aux élections, ils ont compris qu'on était devenu un parti plus respectable et capable d'exercer le pouvoir."

Pour être capable de gouverner, il faudrait que le parti de l'anémone bleue, symbole du SD, s'allie à d'autres formations. Pour l'instant les portes des sociaux-démocrates, actuellement au pouvoir et des conservateurs sont fermées à double tour. Ne pas pactiser avec l'extrême droite, ici cela s'appelle le "cordon sanitaire".

L'extrême-droite suédoise ne se cache plus et capitalise sur les mécontentements : reportage Elise Delève
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