Il y a tout juste 20 ans, le 3 octobre 1990, entrait en vigueur le traité réunifiant la RFA et la RDA communiste

Des jeunes Allemands célèbrent la réunification du pays, le 3 octobre 1990, à la porte de Brandebourg à Berlin
Des jeunes Allemands célèbrent la réunification du pays, le 3 octobre 1990, à la porte de Brandebourg à Berlin (AFP - GILLES LEIMDORFER)

Une réunification qui intervenait dix mois après la chute du Mur de Berlin.A l'occasion de cet anniversaire, le président allemand, Christian Wulff, a présenté dimanche l'intégration des immigrés musulmans comme l'un des grands défis du pays. L'Allemagne compte 4 millions de musulmans pour 82 millions d'habitants.

Une réunification qui intervenait dix mois après la chute du Mur de Berlin.

A l'occasion de cet anniversaire, le président allemand, Christian Wulff, a présenté dimanche l'intégration des immigrés musulmans comme l'un des grands défis du pays. L'Allemagne compte 4 millions de musulmans pour 82 millions d'habitants.

La chancelière, Angela Merkel, les membres de son gouvernement, et des personnalités européennes, dont le président de l'UE, Herman Van Rompuy, ont participé aux célébrations, organisées chaque année par un Etat régional (Land) différent. Malgré ces célébrations, pour les Allemands comme ailleurs dans le monde, l'acte fondateur de la réunification n'en reste pas moins .

Vendredi 1er octobre, l'ancien chancelier Helmut Kohl, "père" de la réunification, aujourd'hui très affaibli par la maladie, a mis en garde contre une Europe qui perdrait confiance en elle, notamment du fait de la crise de l'euro. "Quand je vois les discussions qui ont lieu aujourd'hui à propos de la Grèce, j'ai parfois l'impression que certains (...) oublient ce qu'une Europe signifie pour nous tous", a-t-il estimé.

Le gouvernement fédéral tire un bilan positif de la réunification entre Est et Ouest. Agée de 56 ans, Angela Merkel, qui a grandi en RDA, a raconté dans une interview publiée dimanche comment sa vie avait basculé après la chute du Mur. "Soudain, je pouvais faire toutes sortes de choses qu'auparavant, je ne pouvais qu'imaginer", comme par exemple voyager aux Etats-Unis", a-t-elle ainsi expliqué. "En RDA, j'avais toujours le sentiment que je ne pouvais pas aller jusqu'au bout de ce dont j'étaais capable", a-t-elle poursuivi.

Une grande majorité de l'opinion allemande partage ce point de vue. Selon un sondage diffusé vendredi par la chaîne allemande ZDF, 84 % des personnes interrogées approuvent la réunification, contre 14 % regrettant qu'elle ait eu lieu.

Des ombres n'en demeurent pas moins au tableau. Aucune firme du DAX (le CAC 40 allemand), n'a son siège à l'Est, région souvent désindustrialisée. Par ailleurs, salaires et retraites y restent inférieurs. Le chômage, notamment des jeunes, y est très fort. Et deux millions d'ex-citoyens de l'ex-RDA sont partis à l'Ouest pour tenter de trouver un travail.


Le président allemand, Christian Wulff, prononçant son discours à l'occaasion du 20e anniversaire de la réunification (AFP - JOHANNES EISELE )

Le discours du président allemand: ne pas oublier l'intégration
"Vingt ans après la réunification, nous sommes devant l'immense tâche de trouver une nouvelle solidarité dans une Allemagne qui fait partie d'un monde changeant à toute vitesse", a déclaré à Brême le chef de l'Etat, applaudissant "le courage" de ceux qui ont renversé la dictature communiste.

"Bien sûr, la chrétienté fait partie de l'Allemagne. Bien sûr, le judaïsme fait partie de l'Allemagne. (...) Mais à présent l'Islam fait également partie de l'Allemagne", a-t-il ajouté devant plus de 1400 invités. "L'Orient et l'Occident ne peuvent plus être séparés", a expliqué Christian Wulff, reprenant une citation de l'écrivain Goethe.

Le chef de l'Etat, qui joue essentiellement un rôle honorifique, a rappelé que dans le même temps, l'Allemagne exigeait de ses émigrés le respect des valeurs inscrites dans sa Constitution. Etre chez soi en Allemagne signifie ainsi, à ses yeux, respecter la Loi fondamentale et s'en tenir à ses règles. Il faut "respecter nos règles communes et accepter notre art de vivre", a-t-il expliqué en mettant l'accent sur la nécessité pour tous les habitants de l'Allemagne de parler allemand.

"Celui qui ne le fait pas, celui qui méprise notre pays et ses valeurs, s'expose à une résistance résolue de nous tous, dans notre pays", a-t-il continué. Christian Wulff a ajouté que la société restait vigilante face à ceux qui abusent de la collectivité. L'Etat social("Sozialstaat", notion très allemande, définissant le système politique et social que s'est choisi la République fédérale), a-t-il ainsi souligné, n'est pas "un magasin en libre service".

L'Allemagne, qui compte sur son sol quatre millions de musulmans, essentiellement d'origine turque, a été agitée ces dernières semaines par un houleux débat sur le rôle de l'immigration. Après avoir publié un livre devenu un best-seller ("L'Allemagne court à sa perte") et défendu des positions particulièrement hostiles aux musulmans, un ancien membre du directoire de la Bundesbank, Thilo Sarrazin, a été contraint de démissionner à la fin de l'été .

Ces thèses au vitriol, rejetées par nombre de responsables politiques, ont trouvé un écho dans la population.Selon un sondage de l'Institut Allensbach, publié par le quotidien Financial Times Deutschland, 55% des personnes interrogées estiment que les Allemands ont "coûté financièrement et socialement beaucoup plus qu'ils n'ont rapporté économiquement" à l'Allemagne. Seuls 20 % des sondés en tirent un bilan positif.

Christian Wulff , qui est né à l'Ouest, a tenu par ailleurs dans son discours à saluer les Allemands originaires de l'ex-RDA. Lesquels, a-t-il dit, ont dû faire d'énormes efforts pour s'adapter à une société nouvelle après l'effondrement de leur pays.

"Dans une certaine mesure, ils ont dû entamer une nouvelle vie, réorganiser leur vie quotidienne et saisir les occasions qui se présentaient", a-t-il déclaré. "Cela, ils l'ont fait dans un état d'esprit incroyablement ouvert aux changements. Cela, on ne le reconnaît pas encore assez aujourd'hui", a poursuivi le président allemand.

Celui-ci a par ailleurs souligné le rôle joué il y a 20 ans par des pays comme la Pologne et la Hongrie, et celui du dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev, dans la chute du Rideau de fer et le retour de la démocratie en Europe.

Les messages venus de l'étranger
Le président des Etats-Unis, Barack Obama, a salué "le courage et la conviction du peuple allemand qui a fait tomber le Mur de Berlin, mettant fin à des décennies de séparation douloureuse et artificielle".

La France a qualifié la réunification de "succès éclatant" et estimé que la relation franco-allemande était "plus précieuse que jamais".

Pour le président russe, Dmitri Medvedev, la réunification a permis l'établissement d'un "partenariat stratégique" entre la Russie et l'Allemagne.

Quel bilan ?

La chancelière Angela Merkel, souriante, derrière le drapeau allemand, lors du 20e anniversaire de la réunification (AFP - JOHANNES EISELE)

L'unification de l'Allemagne de l'Ouest, capitaliste, et de l'Allemagne de l'Est, une dictature communiste, deux entités séparées par un très sinistre "Rideau de fer", est intervenue moins de 11 mois après la chute du non moins sinistre Mur de Berlin, le 9 novembre 1989. L'ex-RDA, pourtant l'une des principales économies du bloc soviétique, mais aux structures sclérosées,
s'était effondré effondrée en quelques mois après l'ouverture des frontières.

"Des lendemains qui chantent" ?
Juste après la réunification, son principal auteur, le chancelier Helmut Kohl, avait promis aux "Ossis" (ceux de l'Est en langage familier, par opposition aux "Wessis", ceux de l'Ouest) "des lendemains qui chantent". Qu'en est-il aujourd'hui ?

Vingt ans après, le gouvernement fédéral dresse un bilan très positif de la réunification, qu'il qualifie de grande "Erfolgsgeschichte", mot-à-mot "histoire de réussite". Une réussite "avec beaucoup de lumière, mais bien sûr aussi avec des zones d'ombres", selon les mots du ministre de l'Intérieur, Thomas de Maizière.

"La situation dans les faits est meilleure que l'atmosphère" qui règne à ce sujet, estime le ministre. Il souligne ainsi que le taux de chômage dans l'est du pays, qui est habituellement le double de l'ouest, est retombé à 11,5 % en août, "son meilleur niveau depuis 1992". Et qu'en matière d'éducation, de santé, de transports, l'Est n'a pas à rougir.

Si l'on évoque souvent les 2,7 millions d'Allemands qui ont émigré en 20 ans de l'Est vers l'Ouest, on oublie souvent les 1,6 million qui ont fait le chemin contraire, plaide Thomas de Maizière.

Le niveau des salaires de l'Est reste inférieur à celui de l'Ouest, mais "il va s'adapter" avec le temps, veut croire le ministre. "Pour les jeunes générations, l'égalité des chances n'a jamais été aussi bonne", estime-t-il. "C'est une bonne nouvelle que l'Allemagne ait une chancelière ayant grandi à l'Est", a-t-il ajouté.

"Il est vrai qu'on aurait dû reprendre (dans l'Allemagne réunifiée) davantage de choses venues de l'Est que le petit bonhomme vert des feux de signalisation", a souligné Thomas de Maizière. Une allusion humoristique à ce qui est devenu un véritable objet de culte pour les touristes visitant Berlin.

Beaucoup d'Allemands regrettent notamment que les nombreuses crèches et les écoles ouvertes toute la journée, construites par les anciennes autorités est-allemandes, n'aient pas été posées en modèle dès la réunification. Dans l'ouest du pays, les femmes doivent souvent renoncer à travailler pour s'occuper de leurs enfants en bas âge. Et la situation n'évolue que lentement. Les traces de ce que les Allemands appellent encore le "système des trois K" caractérisant les femmes: "Kinder, Küche, Kirche" pour "enfants, cuisine, église"...

Si l'on en croit la chancelière Angela Merkel, la réduction des inégalités devrait permettre aux Länder orientaux d'égaler d'ici 2019 les niveaux de prospérité de nombre des Länder occidentaux d'ici 2019.

Ombres au tableau
Les indicateurs économiques et démographiques traduisent les différences qui demeurent, encore aujourd'hui, de part et d'autre de l'ancien Mur. En moyenne, les salaires sont plus faibles à l'Est: un tiers de moins que "drüben" ("en face", comme l'on disait du temps des deux Allemagne). Pour autant, l'écart s'est réduit: en 1991, un Ossi gagnait moins de la moitié de ce que gagnait un Wessi.

Le chômage est plus élevé dans les Länder de l'ex-RDA: plus de 11 % (13,2 % à Berlin, ville anciennement divisée redevenue capitale en 1990), contre 7,2 % dans ceux de l'ex-RFA. Et l'on a pârfois tendance à oublier que depuis la chute du Mur, la population est-allemande s'est réduite de 2 millions de personnes, pour l'essentiel des jeunes partis à l'Ouest pour trouver du travail.

Pourtant, les autorités fédérales n'ont pas lésiné pour combler le retard économiques des régions orientales: en 20 ans, plus de 1400 milliards d'euros ont été investis, notamment pour changer toutes les infrastructures de l'ancienne République "démocratique". Des investisssements colossaux, financés par le "pacte de solidarité" et un impôt spécial et fort impopulaire (appelé familièrement "Soli", pour "solidarité") qui court jusqu'en 2019.

Mais cela a été "plus difficile qu'on ne l'imaginait en 1990", reconnaît aujourd'hui le ministre des Finances, Wolfgang Schäuble... L'ancien chancelier Kohl "a donné l'impression qu'on pourrait résoudre les problèmes des Allemands de l'Est avec de l'argent de poche. C'était un euphémisme énorme", selon le chef de le prestigieux institut de conjoncture Ifo, Hans-Werner Sinn.

Mais malgré l'énormité des sommes versées, le niveau de vie des Ossis, s'il a augmenté de manière fulgurante, reste inférieur d'un tiers à celui des Wessis. L'Est ne rattrapera pas l'Ouest avant longtemps, prédit l'Ifo.

Une réussite, malgré tout
L'Allemagne et ses 82 millions d'habitants "peuvent être fiers" de ce qui a été accompli depuis 1990, juge le sociologue Klaus Schroeder, spécialiste de la réunification.

Aux commandes de ce pays politiquement très stable (trois chanceliers en vingt ans), une femme ayant grandi à l'Est, Angela Merkel: "une bonne nouvelle" selon le ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière. Peut-être aussi une goutte d'eau dans la mer. Car l'establishment de l'Ouest continue à noyauter presque tous les organes du pouvoir...

Sur la scène diplomatique, l'Allemagne libérée de ses vieux démons nazi et communiste assume sans complexes sa puissance, est engagée dans des missions militaires à l'étranger et revendique un siège au Conseil de sécurité.

Au plan économique, ce pays, vite remis de la crise de 2008, reste le moteur de l'Europe avec ses exportations vigoureuses. La RFA a réussi à "absorber" la RDA malgré un monceau de difficultés financières. Ce que certains qualifient d'"Anschluss"
(voir autre paragraphe), de "rattachement", d'"absorption". Un mot historiquement très chargé et connoté, qui rappelle l'annexion de l'Autriche à l'Allemagne nazie en 1936...


Un Berlinois portant un casque de l'armée de la RDA, le 3 octobre 1990 à la porte de Brandebourg (AFP - GILLES LEIMDORFER )

Globalement, tous les spécialistes s'attachent à retenir que l'Allemagne a réussi sa réunification. "Sa puissance économique le prouve", remarque Le Monde.

Aujourd'hui, si elle juge la réunification positive, l'opinion en retient aussi la facture financière. "187.000.000.000 euros", "c'est ce que nous coûte le Soli", titrait récemment le journal Welt am Sonntag.

"Ces jours-ci, on entend des gens qui parlent surtout du coût de la réunification, de la 'taxe de solidarité', qui se demandent si les nids-de -poule sont plus profonds dans les rues de Gelsenkirchen (à l'Ouest) ou de Cottbus (à l'Est)", a rétorqué la chancelière Angela Merkel. "Ceux qui oublient que l'unification a apporté la liberté et la démocratie à l'Allemagne de l'Est raisonnent comme de petits boutiquiers à l'esprit étroit", a-t-elle ajouté, reprenant une formule utilisée par Lothar de Maiziere, le dernier chef de gouvernement de la RDA. Voilà qui est dit...

Est-Ouest: quelles différences aujourd'hui ?

Deux personnes couchées sur une pelouse près du Bundestag: le symbole d'une nation réconciliée avec elle-même... (AFP - PATRICK SINKEL )

A côté de l'aspect économique, l'un des principaux problèmes 20 ans après la réunification, reste aujourd'hui d'ordre identitaire.
"L'identité commune [entre Est et Ouest, NDLR] fait défaut", constate le sociologue Klaus Schroeder. Les touristes à Berlin ont beau s'en étonner, "une large majorité d'Allemands voit plus de différences que de points communs entre l'Ouest et l'Est", et une majorité estime qu'elle vivait mieux avant la réunification. Ceux-ci pratiquement parfopis ce qu'on appelle l'"Ostalgie", néologisme construit sur les mots "Ost" (Est) et "Nostalgie": la nostalgie de ce qui existait dans l'ex-RDA, fort humoristiquement décrit dans le film "Good bye Lenin" (2002).

"Les préjugés restent tenaces (....), beaucoup de Wessis pensent que les Ossis sont des ingrats et des geignards", explique le sociologue. "Quant aux Ossis, qui (à 69 %) trouvent les Wessis arrogants, ils vivent mieux qu'il y a 20 ans mais en veulent plus". Beaucoup se voient en citoyens de seconde classe et cherchent leur place dans cette Allemagne qui a balayé 40 ans de leur histoire.

"A l'Ouest, on rêve de liberté. Mais à l'Est, le rêve d'égalité et de sécurité domine toujours ", selon le sociologue. Même si seuls 10 à 20 % des Ossis sont encore "ostalgiques". Politiquement, les verts,

"mouvement écolo-libertaire", perce surtout dans l'ex-RFA, note Le Monde. Dans les territoires de l'ex-RDA, ces derniers et les sociaux-démocrates sont très faibles, "alors que la CDU et les anciens communistes du PDS, y sont majoritaires". "L'intérêt des uns pour les autres n'est pas non plus comparable: 72 % des habitants de l'Est disent aller plus souvent à l'Ouest, alors que près de 70 % des 'Wessis' n'ont jamais mis les pieds à l'Est ou de façon exceptionnelle", observe le quotidien.

Le ministre-président du Land de Brandebourg, Matthias Platzeck, a récemment parlé d'un "Anschluss" pour décrire l'absorption de la RDA par la RFA. Selon lui, "il y avait une mentalité d'Anschluss lors des négociations sur la réunification", a-t-il expliqué. Matthias Platzeck était membre du mouvement d'opposition qui avait renversé le pouvoir est-allemand et ouvert la voie au traité du 3 octobre 1990.

Selon lui, les dirigeants de l'ancienne RFA ont écarté toutes les tentatives pour maintenir dans le traité certaines références ou structures de la RDA, notamment le système scolaire ou le système de santé. "C'est comme s'ils avaient dit: 'écoutez les enfants, on s'occupe de vous, on paie tout mais inutile de réclamer. C'est de cette attitude dont je voulais parler'", a-t-il expliqué.

On a fait sentir aux Allemands de l'Est qu'ils étaient des parias et les 20 dernières années auraient pu mieux se passer si ces derniers avaient eu la possibilité de mieux s'identifier dans l'Allemagne réunifiée, estime Matthias Platzeck. "Inclure quelques symboles et structures de l'Allemagne de l'Est aurait été facile à faire. Mais l'attitude a été: 'tout ce qui est de l'Est est mauvais et tout ce qui est de l'Ouest est bon'", a-t-il dit.

La référence à l'annexion de l'Autriche par le Reich allemand en 1938 a suscité de vives critiques parmi la classe politique en Allemagne de l'Ouest. "L'unification n'a pas été un 'Anschluss ', contrairement à ce que certains ont prétendu récemment", a rétorqué Angela Merkel. "L'immense majorité des Allemands de l'Est avaient manifesté leur désir d'unification, à l'époque", a-t-elle ajouté. "Les faits sont parfois présentés sous un jour trompeur", a-t-elle déclaré. Une polémique qui montre que la réunification des esprits est sans doute la plus difficile de toutes...

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