Hongrie : Viktor Orban minimise les accusations de la Commission européenne

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Le Premier ministre hongrois s'est invité ce soir dans le débat organisé au Parlement européen sur la situation politique dans son pays en minimisant les accusations de dérive autoritaire dont il fait l'objet. Au cours d'un débat souvent houleux de plus de trois heures, Viktor Orban a essuyé une volée de bois vert de la part des députés socialistes, verts, libéraux, et d'extrême gauche. Mais il a pu compter sur le soutien de son camp politique conservateur.

"Aucune disposition de la nouvelle constitution n'a été remise en cause ", a affirmé le Premier ministre hongrois, sans relever les critiques explicites que venait de formuler dans l'hémicycle le président de la Commission, José Manuel Barroso.
Celui-ci a souligné qu'il y avait à côté des dispositions "juridiques " en contradiction avec le droit européen, sur lesquelles la Commission demande des explications ou des corrections dans un délai d'un mois, "une dimension plus politique ".
"Je lance un appel pressant au gouvernement hongrois pour qu'il respecte les critères de la démocratie ", a-t-il dit sous
les applaudissements d'une partie de l'hémicycle. "Nous ne voulons pas qu'il y ait quelqu'ombre que ce soit qui plane sur la démocratie de nos Etats-membres ."

Viviane Reding, commissaire en charge de la justice et des droits fondamentaux, a enfoncé le clou en annonçant qu'une "lettre de pré-mise en demeure sur l'indépendance de la justice " venait également d'être envoyée au chef du gouvernement hongrois.
Elle a souligné que la vice-présidente de la Commission, Neelie Kroes, avait aussi adressé mardi à Budapest une "nouvelle lettre " relative à la liberté des médias et rappelé que le Conseil de l'Europe, compétent en matière d'Etat de droit et de droits de l'homme, s'était ému, la semaine dernière, de la situation en Hongrie.

Viktor Orban avait laissé au vestiaire l'agressivité dont il savait faire preuve, vis-à-vis de ses détracteurs, quand il présidait l'Union européenne au premier semestre 2011.
Entre humour à froid et provocation tranquille, il a avoué sa crainte rétrospective que l'élaboration de la nouvelle constitution hongroise, en vigueur depuis 1er janvier dernier, passe inaperçue.

Alors que Viktor Orban a soutenu qu'il était nécessaire de revoir la  Constitution "communiste " dont s'était doté son pays en 1949, le coprésident du groupe des Verts, Daniel Cohn-Bendit, a ainsi jugé qu'il allait ce faisant "dans la direction de MM. Chavez (le président vénézuélien), Castro, et de tous les régimes totalitaires et autoritaires de ce bas monde ".