Hollande : "L'Europe déçoit" mais "l'Europe c'est la paix"

(Reuters)

A 17 jours des élections européennes, le chef de l'Etat entre dans la campagne. Dans une tribune publiée par Le Monde, il dénonce à la fois ceux qui prônent le "déclin national" en voulant sortir de l'euro et les tenants d'une Union "sans âme". 

"L'Union déçoit " parce qu'elle a montré
"son impuissance face à un chômage qui sévit depuis tant d'années ",
parce qu'elle est "à la peine avec ses institutions et ses règles compliquées "
ou parce qu'elle prône "des sacrifices au lieu de renforcer les protections ".
Mais François Hollande prévient dans sa tribune, pas question de "revenir
à la guerre commerciale, à l'affrontement monétaire, au repli national
".

François Hollande met donc en garde contre les "forces
(qui) cherchent à défaire (l'Europe) en spéculant sur la déception, en misant
sur le découragement, en exhumant les peurs
" alors que le Front national
pourrait s'imposer au soir du premier tour des élections européennes comme la
principale force politique du pays. Car c'est bien contre les arguments du
parti de Marine Le Pen que le chef de l'Etat s'exprime d'abord.

"Sortir de l'Europe, c'est sortir de l'Histoire "

Pour François Hollande, la sortie de l'euro "c'est la
hausse des produits importés, c'est le retour de l'inflation, c'est la baisse
du pouvoir d'achat des plus modestes. La fin de l'euro, c'est une austérité
implacable
" et "le déclin national ".  Quant à une sortie de l'Union européenne, le
chef de l'Etat s'interroge : "A l' abri derrière ces barrières, disent-ils,
nous serons protégés des tempêtes, loin de la mondialisation. Qui peut les
croire ? Sortir de l'Europe, c'est sortir de l'Histoire
".

Une Union qui "agit là où on l'attend "

Le président français dénonce également "l'Europe de la
dilution
" et "apolitique " qui ne serait "qu'un marché,
qu'un espace monétaire sans gouvernance
". Il y opposé une Union qui
"agit là où on l'attend, qui clarifie ses modes de décision, allèges ses
procédures, avance plus vite avec les pays qui le veulent, se concentre sur les
défis à venir
".

Que faire ? Investir "sur de grands projets ", en
finir avec "la concurrence sociale et fiscale ", protéger "ses
frontières en préservant la liberté de se déplacer" ou encore engager
"la transition énergétique
". François Hollande dit en faire "une
priorité majeure
".