Grogne anti-gouvernementale: les Bulgares dans la rue

Manifestation anti-gouvernementale devant le bâtiment du Parlement, à Sofia, le 26 juin 2013. 
Manifestation anti-gouvernementale devant le bâtiment du Parlement, à Sofia, le 26 juin 2013.  (AFP PHOTO / DIMITAR DILKOFF)

Un bon millier de Bulgares ont fait le siège du Parlement le 26 juin en criant «mafia» et «démission», empêchant la tenue de la séance. Ils réclament la démission du gouvernement de centre gauche qu'ils accusent de «servir l'oligarchie». Et dénoncent la corruption et la dépendance des hommes politiques avec le milieu des affaires.

Les manifestants protestent depuis une quinzaine de jours à Sofia et dans les grandes villes bulgares. Durant l’hiver, le pays a connu un épisode de violences, après des hausses massives du prix de l’énergie, à l’origine de la chute du gouvernement.
 
Cette fois, la grogne a été déclenchée par la nomination le 14 juin à la tête de l'Agence de sécurité nationale d'un député de 32 ans, Delyan  Peevski (nomination annulée depuis). Pour l’opinion publique, non seulement cet homme serait incompétent, mais encore il serait impliqué dans des activités illicites.
 
De l’argent public dépensé pour l'ex-Premier ministre
Le 25 juin, la justice bulgare avait ouvert deux enquêtes contre des fonctionnaires de l'ancien gouvernement de centre droit. Elles concernent notamment les voyages de l'ancien Premier ministre Boïko Borissov – qui a démissionné le 20 février –, et de son entourage.
 
Un scandale avait éclaté en juillet 2012 quand la presse avait dévoilé que l'avion gouvernemental avait été utilisé pour transporter l'équipe de foot de 3e division, les Tigres de Bistritsa, où jouait en amateur Borissov.
 
Plus tard, la commission parlementaire avait constaté que des avions et hélicoptères publics avaient amené le Premier ministre de l’époque dans des pavillons de chasse et sur des sites touristiques. De quoi alimenter les crispations dans un pays en plein malaise social et économique.

 
Les ultra-nationalistes comme arbitres
Le 24 juin, un conflit avait éclaté entre le gouvernement et le chef de l'Etat bulgare, Rossen Plevneliev (centre droit). Motif du coup de gueule de ce dernier: la nomination à la tête de la commission parlementaire d'éthique et de lutte contre la corruption, de Volen Siderov. Ce leader ultra-nationaliste s’en prend régulièrement aux minorités ethniques, aux homosexuels et aux investisseurs étrangers
 
C'est le soutien tacite des ultras du parti Ataka qui avait permis le 29 mai que le gouvernement de l'économiste sans étiquette Plamen Orecharski soit investi au Parlement. 
 
Corruption sur fond de pauvreté
Membre de l'Union européenne depuis 2007, la Bulgarie fait l'objet d'un mécanisme de surveillance de la part de Bruxelles sur les progrès du pays en matière de lutte contre la corruption.
 
Pays le plus pauvre de l’UE (360 euros le salaire moyen), la Bulgarie attend toujours les fruits de l’adhésion européenne. Et les 7 millions de Bulgares, un coup de balais au sein de leur classe dirigeante, passée et présente.
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