Génocide de Srebrenica : 25 ans après, les musulmans commémorent leurs morts et déplorent le déni serbe

Des femmes commémorent les victimes du massacre de Srebrenica, à Donji Potočari en Bosnie-Herzégovine, le 10 juillet 2020.
Des femmes commémorent les victimes du massacre de Srebrenica, à Donji Potočari en Bosnie-Herzégovine, le 10 juillet 2020. (ELVIS BARUKCIC / AFP)

Plus de 8 000 hommes et adolescents bosniaques musulmans ont été massacrés à Srebrenica le 11 juillet 1995 par les forces serbes de Bosnie lors de la guerre de Yougoslavie. 

Il s'agit de la pire tuerie en Europe depuis la Seconde guerre mondiale. Les musulmans de Bosnie commémorent samedi 11 juillet le génocide de Srebrenica. Il y a vingt-cinq ans tout juste, le 11 juillet 1995, plus de 8 000 hommes et adolescents bosniaques ont été massacrés dans cette ville par les forces serbes de Bosnie.

Les commémorations officielles seront suivies par l'inhumation des dépouilles de neuf victimes du massacre. Leurs restes seront enterrés dans le cimetière du Centre mémorial du génocide, à Potocari, un village près de Srebrenica où se trouvait pendant la guerre intercommunautaire de Bosnie (1992-1995) la base de la force de protection de l'ONU (Forpronu). A ce jour, près de 6 900 victimes du massacre ont été retrouvées dans plus de 80 fosses communes et identifiées. La plupart reposent dans le Centre mémorial.

"Zone protégée" des Nations unies, Srebrenica a été prise le 11 juillet 1995, cinq mois avant la fin de la guerre, par les forces des Serbes de Bosnie. Les dirigeants politique et militaire des Serbes de Bosnie à l'époque des faits, Radovan Karadzic et Ratko Mladic, ont été condamnés à perpétuité par la justice internationale, notamment pour le massacre de Srebrenica et le siège de Sarajevo.

Des projets de loi interdisant le déni rejetés

Qualifiée de génocide par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY), cette tragédie a marqué un tournant de la guerre en Bosnie qui a opposé Bosniaques, Serbes et Croates de 1992 à 1995, faisant plus de 100 000 morts et 2,2 millions de réfugiés et de déplacés. 

Un quart de siècle après, le massacre reste l'une des principales pommes de discordes entre les communautés bosniaque (musulmans) et serbe (chrétiens orthodoxes). Les premiers estiment que sa pleine reconnaissance reste une condition pour la construction d'une paix durable. La plupart des Serbes de Bosnie, notamment leurs dirigeants, jugent inacceptable la qualification de "génocide". Des projets de loi interdisant le déni ont plusieurs fois été rejetés par les députés serbes au Parlement fédéral de Bosnie.

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