Le texte sur les génocides est "anticonstitutionnel", selon Badinter

L\'ancien président du Conseil constitutionnel Robert Badinter visite une prison à Lezhë (Albanie), le 12 octobre 2011.
L'ancien président du Conseil constitutionnel Robert Badinter visite une prison à Lezhë (Albanie), le 12 octobre 2011. (GIL FORNET / AFP)

"Ce n'est pas aux parlementaires de dire l'Histoire", juge l'ancien sénateur PS pour qui le texte voté jeudi par l'Assemblée nationale est "véritablement anticonstitutionnel".

Les premières critiques s'élèvent contre le texte adopté par l'Assemblée nationale jeudi 22 décembre, sanctionnant la négation de tout génocide. L'ancien président du Conseil constitutionnel Robert Badinter a estimé dans la soirée que ce texte, qui vise notamment à réprimer la négation du génocide arménien de 1915, était "véritablement anticonstitutionnel". L'ancien sénateur PS a laissé entendre que ce vote était dicté par la présidentielle de 2012, jugeant que "ce n'était pas aux parlementaires de dire l'Histoire".

"Le Parlement français a une compétence qui est inscrite dans la Constitution, il est là pour régler les problèmes qui se posent à la société française, estime Robert Badinter. Il ne faut pas que le Parlement édicte des lois mémorielles, ça n'est pas son rôle, ça n'est pas sa compétence"

A la question de savoir si ce vote était dicté par des fins électorales, il a répondu : "La loi sur la reconnaissance" du génocide arménien, c'est "en 2001 (...) Ici nous avons un nouveau texte, nous sommes entrés dans la campagne présidentielle (...) La communauté arménienne en France représente des centaines de milliers de voix, je le dis clairement. Qu'on ne dise pas 'Ah, c'est pour tous les génocides' ".