Ce que l'on sait de la fusillade dans un centre commercial de Munich

La police évacue des clients d\'un centre commercial après une fusillade, le 22 juillet 2016.
La police évacue des clients d'un centre commercial après une fusillade, le 22 juillet 2016. (AFP)

Le corps du jeune homme de 18 ans, qui a agi seul, a été retrouvé à environ 1 km du lieu de la fusillade. Ses motivations restent inconnues.

Neuf personnes sont mortes dans la fusillade perpétrée, vendredi 22 juillet, dans un centre commercial de Munich (Allemagne). L'assaillant, qui a agi seul, s'est par la suite suicidé. Les enquêteurs privilégient la thèse d'un forcené. Il est établi que l'auteur de l'attaque, un Germano-Iranien de 18 ans, n'avait aucun lien avec l'Etat islamique.

Quel est le bilan ?

Le bilan de cette attaque s'élève à neuf morts, dix si l'on prend en compte l'assaillant, dont le corps a été retrouvé à 1 km du lieu de la fusillade. Vingt-sept blessés sont également à déplorer. Parmi les neuf victimes, deux étaient âgées de 13 ans, trois de 14 ans, une de 17 ans, une de 19 ans, une de 20 ans et une de 45 ans. Des enfants figurent également parmi les blessés, selon la police. Trois Turcs, trois Kosovars et un Grec figurent par ailleurs parmi les victimes.

Comment s'est déroulée l'attaque ?

L'alerte a été donnée vers 18 heures, lorsqu'un homme a ouvert le feu sur des passants en s'éloignant d'un restaurant McDonald's proche du centre commercial. Sur une vidéo amateur, on le voit tirer sur des personnes qui s'enfuient en criant. "On entrait dans le MacDo pour manger (...) ensuite il y a eu un mouvement de panique" et "les gens sont sortis en courant", a raconté une femme à la télévision publique bavaroise. Elle a entendu trois coups de feu, "des enfants pleuraient, les gens se sont précipités vers la sortie en paniquant", a-t-elle ajouté.

L'assaillant a ensuite pénétré dans le centre commercial voisin, le plus grand de la capitale bavaroise, et continué à tirer sur des badauds, selon les témoignages, avant de prendre la fuite. Des rumeurs d'une autre fusillade dans le centre de Munich, près du métro Marienplatz, sont apparues mais ont été démenties par les autorités.

Selon la police, l'assaillant a probablement tendu un piège à un certain nombre des victimes en les attirant sur les lieux de la tuerie via Facebook.

Qui est le tireur ?

Après avoir évoqué la présence de trois assaillants, la police munichoise a affirmé que l'homme avait agi seul. Il s'agit d'un Germano-Iranien de 18 ans né à Munich et qui fréquentait une école de la ville. Blessé par balles par une patrouille de police, il a finalement été retrouvé sans vie à 1 km de distance. Après avoir envoyé des démineurs pour vérifier qu'il ne transportait pas d'explosifs sur lui, la police a constaté qu'il s'était suicidé.

Samedi à l'aube, les forces de l'ordre ont effectué une perquisition dans la chambre occupée par le jeune homme. Une voisine, interrogée par l'AFP le décrit comme "une bonne personne (...) qui riait comme toute personne normale". "Je ne l'ai jamais vu en colère, je n'ai jamais entendu de problème avec la police ou avec les voisins", témoigne-t-elle à propos de ce fils de chauffeur de taxi qui était inconnu des services de police.

Sur une courte vidéo amateur largement diffusée sur les réseaux sociaux vendredi soir peu après la tuerie, et authentifiée par la police, on voit un riverain agonir d'injure l'auteur de la tuerie, vêtu de noir et un pistolet à la main. "Sale métèque", lui lance-t-il. Une voix qui semble celle de l'assaillant lui répond : "Je suis allemand, je suis né ici. Dans un quartier de Hartz IV", le nom de l'allocation chômage longue durée, synonyme en allemand de quartier défavorisé, avant de lancer : "J'étais en traitement hospitalier".

Quelles sont les motivations du tireur ?

Pour les enquêteurs, la fusillade est l'œuvre d'un forcené souffrant de problèmes psychologiques, sans lien avec le jihadisme, qui a voulu établir un lien avec le massacre il y a tout juste cinq ans du Norvégien Anders Behring Breivik. "Nous partons du principe qu'il s'agit dans cette affaire d'un acte classique d'un forcené" qui a agi manifestement sans motivation politique, a déclaré le procureur de Munich, Thomas Steinkraus-Koch, lors d'une conférence de presse samedi. "Il n'y a pas d'autres raisons" à cet acte, a-t-il ajouté.

"Nous avons trouvé des éléments montrant qu'il se préoccupait des questions liées aux forcenés" auteurs de tueries, notamment des livres et des articles de journaux, a précisé le chef de la police de Munich, Hubertus Andrä. "Il n'y a absolument aucun lien avec l'Etat islamique", a-t-il déclaré.

Le jeune homme souffrait "d'une forme de dépression", a en outre souligné le procureur. "Il s'agit ici d'une maladie, d'une forme de dépression", a-t-il dit invitant dans le même temps à se montrer prudent sur les informations selon lesquelles il aurait suivi un traitement psychiatrique.

Les enquêteurs ont aussi établi un lien "évident" entre la fusillade et le tueur norvégien Anders Behring Breivik. La fusillade est en effet intervenue cinq ans jour pour jour après le massacre de 77 personnes par l'extrémiste de droite. Selon le tabloïd allemand Bild, le jeune homme utilisait une image de Breivik comme photo de profil sur l'application de messagerie Whatsapp.

Vous êtes à nouveau en ligne