Euro 2012 : l'Ukraine face à des menaces de boycott

L\'opposante Ioulia Timochenko, photographiée le 25 avril 2012 à la prison de Kharkiv (Ukraine), montre un hématome. Elle est en grève de la faim depuis le 20 avril.
L'opposante Ioulia Timochenko, photographiée le 25 avril 2012 à la prison de Kharkiv (Ukraine), montre un hématome. Elle est en grève de la faim depuis le 20 avril. (UKRAYINSKA PRAVDA / AFP)

Le ministère des Affaires étrangères ukrainien juge "destructrices" les tentatives de "politiser" la compétition pour protester contre le sort de l'opposante Ioulia Timochenko.

Les tentatives de "politiser" l'Euro 2012 de football sont "destructrices", a jugé l'Ukraine jeudi 3 mai. Depuis quelques semaines, les critiques fusent de la part de responsables politiques européens qui menacent de boycotter le championnat pour protester contre le sort de l'opposante Ioulia Timochenko.

"Les appels à boycotter le championnat (...) saperont l'image de cet évènement sportif grandiose et causeront un préjudice à des milliers d'Ukrainiens ordinaires qui ne s'intéressent pas à la politique", a encore indiqué le ministère des Affaires étrangères ukrainien. Le pays co-organise avec la Pologne la compétition qui aura lieu du 8 juin au 1er juillet.

La Commission européenne ne se déplacera pas

Emprisonnée depuis août 2011, puis condamnée en octobre à sept ans de prison, l'ancienne Première ministre Ioulia Timochenko a entamé le 20 avril une grève de la faim. Elle proteste contre des violences qu'elle affirme avoir subies en prison.

Indignés du sort de l'opposante, les dirigeants de plusieurs pays appellent au boycott de l'Euro. Ainsi, la délégation de l'Union européenne à Kiev a annoncé jeudi qu'aucun membre de la Commission européenne ne se rendrait en Ukraine à l'occasion de la compétition. "Le président [de la Commission, José Manuel] Barroso n'a pas l'intention de se rendre en Ukraine ou de participer à des évènements concernant l'Euro 2012. Cette position est partagée par tous les commissaires européens", a écrit la représentation diplomatique européenne sur sa page Facebook.

Plusieurs présidents européens ont par ailleurs annoncé avoir décidé de ne pas se rendre à un sommet de l'Europe centrale prévu les 11 et 12 mai à Yalta, station balnéaire du sud de l'Ukraine. La chancelière allemande, Angela Merkel, a expliqué qu'elle envisageait de boycotter la compétition et déciderait au dernier moment si elle s'y rendrait ou non.

Soutien de Vladimir Poutine

Le président russe élu, Vladimir Poutine, a en revanche apporté son soutien à l'Ukraine, critiquant le boycott politique de la compétition. "Je considère qu'il ne faut en aucun cas mélanger la politique, le business et d'autres questions du genre avec le sport, il faut laisser le sport tranquille", a-t-il déclaré, selon des images diffusées par la télévision russe. "Je soutiens le principe du Comité international olympique : le sport est séparé de la politique", a-t-il insisté.

Il s'est dit prêt à accueillir Ioulia Timochenko pour la soigner en Russie, faisant écho à une proposition similaire de l'Allemagne à laquelle l'Ukraine avait répondu en soulignant que sa législation ne permettait pas de soigner des détenus à l'étranger. Selon des observateurs ukrainiens, Poutine entretient des relations amicales avec Timochenko, alors que ses rapports avec le président ukrainien, Viktor Ianoukovitch, sont tendus.