En Suède, une quarantaine de femmes assurent avoir été agressées sexuellement dans deux festivals de musique

Le public du festival de musique de Roskilde, au Danemark, le 28 juin 2016. 
Le public du festival de musique de Roskilde, au Danemark, le 28 juin 2016.  (MATHIAS LOEVGREEN BOJESEN / SCANPIX / AFP)

En Suède, mais aussi en Angleterre, au Danemark et en Allemagne, des agressions sont déplorées dans le cadre de ces événements festifs. 

Plus d'une quarantaine de jeunes femmes se sont signalées en un seul week-end. Mardi 5 juillet, la police suédoise a indiqué que 32 femmes, dont la plus jeune est âgée de 12 ans, avaient déclaré avoir été agressées sexuellement pendant un festival de musique de trois jours, le Putte i Parken, à Karlstad, dans l'ouest du pays. 

Selon l'agence de presse AP (en anglais), la police a également déclaré enquêter sur cinq viols et plus d'une douzaine d'agressions sexuelles qui auraient été commis dans un autre festival de musique très populaire, le Bravalla Festival, dans la ville de Norrköping, elle aussi dans l'ouest du pays.

En réponse à ces événements, le Premier ministre suédois, Stefan Lofven, a déclaré que les lois sur les agressions sexuelles allaient être "durcies", rapporte AP. Plusieurs faits divers de ce type ont fait l'actualité ces dernières années. 

Les suspects sont "des hommes jeunes" 

A Karlstad, les enquêteurs ont identifié sept suspects, indique AP, mais aucun n'a encore été arrêté. Selon la police locale, citée par The Mirror (en anglais), "ils correspondent à diverses descriptions, ayant pour point commun d'être des hommes jeunes". A l'agence AP, un inspecteur de police assure "ne pas être certain que [les agressions sexuelles] soient un problème fréquemment rencontré en festival"

Au Danemark voisin, où se tient chaque été le festival rock de Roskilde devant 130 000 festivaliers, la police a déclaré enquêter elle aussi sur cinq cas de viols : "Rien qui ne sorte de l'ordinaire lors d'un événement de cette ampleur, même si chaque cas est un cas de trop", souligne la police.

Les femmes, des cibles dans les festivals ?

"Malheureusement, les crimes sexuels ne sont pas un problème que seuls les festivals rencontrent", a déploré un porte-parole du Putte i Parken, dénonçant "une société dans laquelle nous apprenons aux enfants à traiter les femmes comme des objets". Selon lui, "l'augmentation des plaintes est un signe que les gens sont désormais plus conscients qu'il s'agit d'un crime", a-t-il estimé, cité par le Mirror.  "Ces violations de l'espace et des corps qui nous ont été rapportées nous mettent hors de nous", a réagi pour sa part un porte-parole du Bravalla Festival. 

En juin, une journaliste du Guardian (en anglais) avait interrogé des femmes sur Twitter, leur demandant si elles s'étaient "déjà senties en insécurité ou mal à l’aise, en tant que femmes, dans un festival de musique". Sur les 146 femmes lui ayant répondu, 127 lui avaient répondu par l’affirmative, indiquent Les Inrocks

La décision du festival de Glastonbury, en Angleterre, d'ouvrir un espace de débats et de rencontres réservé aux femmes dans son enceinte, suscitait alors la polémique. The Guardian décrivait ce lieu, baptisé The Sisterhood, comme "un endroit pour se sentir en sécurité, se sentir représentée et pour partager des expériences. Pas un espace de confinement, mais un lieu ou trouver de la joie, des savoirs et de la camaraderie."

Vous êtes à nouveau en ligne