"Nous avons un nouveau problème" : Angela Merkel doit faire face à l'entrée de 94 députés de l'AfD au Bundestag

Alexander Gauland, leader de l\'AfD, en campagne en septembre 2017.
Alexander Gauland, leader de l'AfD, en campagne en septembre 2017. (KAI PFAFFENBACH / REUTERS)

Le parti d'extrême droite AfD s'est hissé à la troisième place des élections législatives allemandes, dimanche.

C’est la fin d’un tabou. Pour la première fois depuis un demi-siècle, un parti d'extrême droite va siéger au Parlement fédéral allemand. L’Allemagne était restée à l’écart de la vague populiste en Europe. Mais malgré le poids de l’Histoire et du nazisme, 13 % des électeurs ont fait le choix d'une extrême droite décomplexée aux élections législatives, dimanche 24 septembre, remportée par le parti d'Angela Merkel, la CDU.

"Nous avons un nouveau problème à résoudre, c'est l'entrée de l'Afd au Bundestag" Angela Merkel, chancelière allemande.
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L’AfD, "l'alternative pour l'Allemagne", a mené campagne de façon agressive contre l’islam, contre les migrants, et contre la Chancelière, qualifiée de "traître" et régulièrement conspuée dans les meetings. Celle-ci été forcée de prendre acte de ce tournant dans la vie politique allemande au moment de célébrer sa propre victoire : "Bien sûr, nous avons un nouveau problème à résoudre, l’entrée de l’AfD au Bundestag. Nous devons prendre la mesure de ce résultat", a-t-elle déclaré.

La Chancelière a affirmé sa volonté de "reconquérir les électeurs [qui ont choisi l’extrême droite] en prenant en compte leurs soucis et leurs peurs, en menant une bonne politique".

L'extrême droite, troisième force politique du pays

La politique d’accueil des réfugiés, menée par Angela Merkel depuis deux ans, a divisé la société allemande. Mais, ce n’est pas le seul ressort du succès de l’AfD. Les extrémistes ont aussi construit leur succès sur le rejet des élites et le sentiment de déclassement d’une partie des Allemands. L’AfD a obtenu jusqu’à 20 à 22% des résultats du scrutin dans certaines régions de l’Est du pays

Les débats aux parlements s'annoncent houleux, alors que l'AfD va disposer d'un groupe parlementaire de plus de 90 députés, par le jeu de la proportionnelle. L’extrême droite entend se servir de cette tribune pour occuper le terrain médiatique et politique. Alexander Gauland est l’un des chefs de file du parti. Il a prévenu : "Ce nouveau gouvernement, quel qu’il soit, doit se préparer à vivre des moments difficiles. Car nous allons combattre ! Nous allons pourchasser et combattre Mme Merkel et le peuple reprendra le contrôle de ce pays." 

"Nous allons pourchasser et combattre Mme Merkel" : Alexander Gauland, chef de file du parti d'extrême droite AfD
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Troisième force politique du pays désormais, l’AfD restera toutefois cantonnée dans l’opposition. Mais son entrée en force au Bundestag pourrait bien contribuer à durcir le débat en Allemagne, sur les questions de sécurité et d’immigration.