Allemagne : Angela Merkel réélue à la tête de son parti pour conduire la campagne électorale de 2017

La chancelière allemande Angela Merkel, le 6 décembre 2016 à Essen (Allemagne).
La chancelière allemande Angela Merkel, le 6 décembre 2016 à Essen (Allemagne). (INA FASSBENDER / ANADOLU AGENCY / AFP)

La chancelière allemande a obtenu 89,5% des voix, mais il s'agit de son deuxième plus mauvais résultat en seize ans à la tête de l'Union chrétienne-démocrate (CDU).

Elle mènera la campagne électorale des législatives en vue de conserver son poste en 2017. La chancelière allemande Angela Merkel a été réélue, mardi 6 décembre, à la tête de son parti conservateur, l'Union chrétienne-démocrate (CDU). Elle n'a pas commenté le résultat du vote du millier de délégués réunis en congrès à Essen. "Merci pour la confiance", a-t-elle seulement dit.

Angela Merkel a obtenu 89,5% des voix, son deuxième plus mauvais résultat en seize ans à la tête de la CDU. Elle perd 7 points par rapport à sa réélection il y a deux ans à la présidence du parti, sur fond de critiques en raison de sa politique d'accueil des migrants de 2015. Il s'agit aussi de son plus mauvais score depuis qu'elle a accédé à la chancellerie il y a onze ans.

Critiquée pour sa politique d'asile

La chancelière, qui a annoncé fin novembre être candidate à un quatrième mandat à la tête du gouvernement allemand, a été très critiquée en 2015 et 2016 jusque dans ses propres rangs pour sa décision d'ouvrir l'Allemagne à quelque 900 000 demandeurs d'asile. Une décision qui a pris à rebrousse-poil son parti et son électorat traditionnel.

Cet afflux inédit a vu la CDU perdre des sympathisants au profit de la droite populiste, notamment, et a fait chanceler la cote de popularité de la chancelière. Elle a toutefois récemment regagné une partie du terrain perdu.

"Nous perdons beaucoup d'électeurs à droite"

Angela Merkel a dénoncé la situation à Alep, la deuxième ville de Syrie bombardée sans relâche par le régime et son allié russe, mais a tenu un discours ferme sur l'immigration, pour tenter de rassurer la base de son parti. Elle a insisté sur les valeurs de l'Allemagne, le refus de la charia, et a prôné une interdiction du voile intégral dans l'administration, les écoles, les universités ou devant les tribunaux. 

Cela n'a pas empêché des voix critiques de s'exprimer lors du congrès. "Vous avez modifié le cap de la CDU vers la gauche", a déploré à la tribune un délégué, Eugen Abler. Mais "à gauche, nous ne gagnons que peu d'électeurs alors que nous en perdons beaucoup à droite", a-t-il ajouté.

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