Allemagne : Angela Merkel annonce qu'elle est candidate pour un 4e mandat de chancelière

Angela Merkel lors d\'un rassemblement de la CDU, le 15 août 2016, à Berlin.
Angela Merkel lors d'un rassemblement de la CDU, le 15 août 2016, à Berlin. (TOBIAS SCHWARZ / AFP)

La chancelière l'a annoncé lors d'une réunion de son parti, la CDU, avant de faire une annonce officielle, en début de soirée. 

En poste depuis onze ans, Angela Merkel mènera la CDU pour la prochaine campagne électorale des législatives prévues en septembre ou octobre 2017. Dimanche 20 novembre, la chancelière a annoncé qu'elle briguait un quatrième mandat, mettant fin à plusieurs mois de spéculations. "J'ai très longuement réfléchi", a-t-elle déclaré en conférence de presse. 

Plus tôt dans la journée, elle avait indiqué, lors d'une réunion à Berlin des dirigeants de son mouvement conservateur, qu'elle ambitionnait à la fois d'être réélue à la présidence de la CDU, lors d'un congrès début décembre, et de se présenter à nouveau pour la chancellerie lors des élections législatives. 

Un rempart contre la montée des populismes ?

Angela Merkel est considérée par ses partisans comme le dernier rempart face à la montée des populismes, illustrée par le Brexit et la victoire de Donald Trump. Une de ses proches à la CDU, Julia Klöckner, a ainsi jugé dimanche qu'elle était "garante de stabilité et de fiabilité dans une période turbulente".

La chancelière se trouve néanmoins dans une situation paradoxale : célébrée à l'étranger, où les attentes à son égard ont décuplé depuis le succès de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine, elle attaque l'année électorale affaiblie sur le plan intérieur, à la suite de l'arrivée controversée d'un million de réfugiés dans le pays. Le président Barack Obama l'a adoubée cette semaine à Berlin, lançant aux côtés d'une chancelière rosissant de plaisir : "Si j'étais allemand, je pourrais lui apporter mon soutien". Elle avait quelques jours avant clairement rappelé à Donald Trump l'importance des valeurs démocratiques.

Par ailleurs, son règne est celui qui a vu se développer en Allemagne un parti populiste, concurrençant son parti sur sa droite. Angela Merkel garde toutefois des atouts maîtres : elle n'a pas de concurrent sérieux dans son camp et reste infiniment plus populaire que ses rivaux sociaux-démocrates.

Selon un sondage publié dimanche, 55% des Allemands souhaitent qu'Angela Merkel reste en poste, contre 39% d'avis contraires. En août, la proportion d'opinions favorables n'était que de 50%.