Durement sanctionnés aux municipales de dimanche, les socialistes au pouvoir en Espagne font leur mea culpa

José Luis Rodriguez Zapatero, le chef du gouvernement socialiste espagnol, dimanche 22 mai 2011.
José Luis Rodriguez Zapatero, le chef du gouvernement socialiste espagnol, dimanche 22 mai 2011. (AFP)

Reconnaissant les "difficultés" que rencontrent de nombreux Espagnols, le chef du gouvernement socialiste, José Luis Rodriguez Zapatero, a estimé qu'ils avaient "exprimé leur malaise" durant ce scrutin.Avec 27,79% des voix, le PSOE (au pouvoir) a été largement distancé dimanche par l'opposition conservatrice du Parti Populaire (37,53%).

Reconnaissant les "difficultés" que rencontrent de nombreux Espagnols, le chef du gouvernement socialiste, José Luis Rodriguez Zapatero, a estimé qu'ils avaient "exprimé leur malaise" durant ce scrutin.

Avec 27,79% des voix, le PSOE (au pouvoir) a été largement distancé dimanche par l'opposition conservatrice du Parti Populaire (37,53%).

Le PSOE, au pouvoir depuis 2004, a été sanctionné pour ne pas avoir réussi à sortir le pays du marasme économique pour son inefficacité face à l'aggravation du chômage, dont le taux est le plus élevé des pays industrialisés - à 21,3%, il grimpe à 45% chez les 18-25 ans et touche un actif sur 5.

"Je sais que beaucoup d'Espagnols connaissent de graves difficultés (...) et que beaucoup de jeunes envisagent leur avenir avec inquiétude, aujourd'hui ils ont exprimé leur malaise", a déclaré le chef du gouvernement José Luis Zapatero.

"Il était raisonnable de penser que le Parti socialiste allait subir un châtiment par les urnes, nous l'assumons et le comprenons", a ajouté M. Zapatero, en excluant des législatives anticipées comme le réclame l'opposition de droite.

Défaite historique des socialistes
Les socialistes ont subi une défaite historique à Barcelone, qu'ils contrôlaient depuis 1979 et les premières élections de l'après-franquisme, où ils sont devancés par la coalition nationaliste conservatrice CiU. Ils sont également battus à Séville, la quatrième ville espagnole qu'ils contrôlaient depuis 12 ans.

La droite conserve sans surprise Madrid et Valence, la troisième ville du pays, mais il y a renforce également son pouvoir.

Parmi les régions, les socialistes ne sont plus en mesure depuis lundi de gouverner seuls que dans une seule des 17 régions d'Espagne, l'Andalousie, qui ne votait pas dimanche.

Défaite "historique", "tsunami" annonciateur des législatives de mars 2012, relevait la presse en soulignant que "les socialistes encaissent leur pire résultat de l'histoire de la démocratie dans des élections locales".

"L'Espagne exige le changement": "les citoyens ont parlé", "ils voulaient le changement, radical, sans demi-mesure, et ils l'ont provoqué", commentait lundi le quotidien de droite El Mundo.

Le mouvement des "indignés" ne semble pas avoir pesé sur les résultats
Des dizaines de milliers de personnes, surnommées les "indignés", manifestent sur la Puerta del Sol à Madrid mais aussi ailleurs dans le pays depuis une semaine contre les mesures d'austérité prises par le gouvernement Zapatero afin d'éviter un scénario à la grecque. Des mesures qui ont aussi aggravé le taux de chômage record du pays et suscite l'exaspération des Espagnols.

Le mouvement montre aussi une défiance vis à vis des grands partis politiques, qu'il appelait à boycotter lors des scrutins de dimanche.

Ces manifestations ne semblent toutefois pas avoir pesé sur l'issue des élections de dimanche.

A travers le pays, 8.116 communes élisaient leurs maires et leurs conseils municipaux, tandis que 13 des 17 régions désignaient leurs parlements. La Catalogne, le Pays Basque, la Galice et l'Andalousie votent à d'autres dates.

Intervenant pour la première fois depuis le début du mouvement, le roi Juan Carlos a appelé lundi à accorder "un soutien urgent à l'emploi des jeunes".

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