Espagne : le conducteur a raconté qu'il n'avait pu arrêter le train

Ce blessé escorté après le déraillement du train à grande vitesse à Saint-Jacques-de-Compostelle (Espagne) le 24 juillet 2013, est présénté par El Pais comme étant le conducteur, Francisco José Garzón.
Ce blessé escorté après le déraillement du train à grande vitesse à Saint-Jacques-de-Compostelle (Espagne) le 24 juillet 2013, est présénté par El Pais comme étant le conducteur, Francisco José Garzón. (OSCAR CORRAL / REUTERS)

C'est ce qu'affirme un témoin de l'accident de train de Sant-Jacques-de-Compostelle qui a coûté la vie à 79 personnes.

Le conducteur du train accidenté mercredi 24 juillet à Sant-Jacques-de-Compostelle a raconté peu après le déraillement qu'il n'avait pas réussi à freiner parce que le convoi "allait trop vite". C'est ce qu'a raconté dimanche 28 juillet un témoin à la télévision espagnole Antena 3 (article et vidéo en espagnol).

Selon ce riverain, Evaristo Iglesias, qui s'est précipité sur les lieux juste après l'accident pour porter secours aux blessés, le conducteur lui a confié qu'il allait trop vite et n'avait pas réussi à arrêter le train. "Il disait qu'il aurait dû freiner et réduire sa vitesse à 80 mais qu'il n'avait pas pu, qu'il allait trop vite", a témoigné cet homme. "Il n'arrêtait pas de dire 'Je veux mourir, je veux mourir'. Il n'arrêtait pas de répéter cela, de dire qu'il ne voulait pas voir cela", a ajouté Evaristo Iglesias dans cet entretien. Blessé, le visage en sang, le conducteur, Francisco José Garzon Amo, avait été évacué par les secouristes et hospitalisé.

"Les gens étaient morts sur les voies"

Une jeune passagère du train rescapée de l'accident, Carla Serrano, a elle raconté avoir vu inscrite la vitesse de 200 km/h sur l'écran d'information de son wagon, dans une interview avec la télévision publique. "Nous sortions juste du tunnel et mon fiancé m'a dit : 'Nous allons à 200 à l'heure.' J'ai regardé et c'était vrai", a assuré la jeune fille, qui revenait de Madrid où elle était allée voir une exposition consacrée à Salvador Dali. "C'était horrible. Les gens étaient morts sur les voies", a-t-elle témoigné, alors qu'elle même a été légèrement blessée.

Soixante-dix-neuf personnes ont été tuées dans le déraillement du train survenu à quatre kilomètres de Saint-Jacques de Compostelle, alors que le train s'engageait dans un virage très serré, où la vitesse est limitée à 80 km/h. Le conducteur du train, âgé de 52 ans, a reconnu dans une liaison radio avec la gare, révélée par le quotidien El Pais, juste avant l'accident, qu'il roulait à 190 km/h au lieu de 80. Placé en garde à vue et accusé "d'homicide par imprudence", il a été entendu dimanche par un juge au tribunal de Saint-Jacques-de-Compostelle.