Comment Berlin rend ses monuments accessibles aux handicapés

De gauche à droite : Robert Niemann (étudiant à l’Université technique de Berlin), Burkhard Lüdtke (de Model+Design), Annette Müller et Ingeborg Stude (toutes deux représentantes du gouvernement de Berlin). 
De gauche à droite : Robert Niemann (étudiant à l’Université technique de Berlin), Burkhard Lüdtke (de Model+Design), Annette Müller et Ingeborg Stude (toutes deux représentantes du gouvernement de Berlin). 

Géopolis a rencontré les lauréats allemands des trophées 2016 de la Fondation Design for all. Comme chaque année, ces trophées qui viennent récompenser l’exemplarité d’un projet d’accessibilité, ont été remis à l’occasion du salon Urbaccess, qui s'est tenu les 22 et 23 mars 2016 au Parc des expositions de la Porte de Versailles à Paris.


Les étudiants en architecture de l’Université technique de Berlin et l’équipe de l’architecte et artiste, Burkhard Lüdtke, sont des habitués des Trophées de la fondation Design for all remis chaque année dans le cadre du salon Urbaccess. Ils y candidatent ensemble depuis plusieurs années pour des projets menés en commun. Déjà en 2012, ils avaient été une première fois lauréats pour avoir mis le Bundestag aux normes d’accessibilité. Cette année, ils ont été une nouvelle fois récompensés.

Un projet en lien avec le service historique du gouvernement de Berlin
Plus de 50 étudiants du département d’architecture Modell+Design de l’Université technique de Berlin ont collaboré au projet primé. Son objectif : rendre accessible trois monuments historiques de la capitale allemande en prenant en compte toutes les formes de handicap. Il s’agissait de la cathédrale Sainte-Edwige, la Nouvelle Galerie nationale et l’ancien hôtel de ville de Berlin.
L’ancien hôtel de ville de Berlin fait partie des trois monuments rendus accessibles par les étudiants de L\'Université technique de Berlin primés à l\'occasion du salon Urbaccess 2016.
L’ancien hôtel de ville de Berlin fait partie des trois monuments rendus accessibles par les étudiants de L'Université technique de Berlin primés à l'occasion du salon Urbaccess 2016. (Landesdenkmalamt Berlin)

Le projet a été réalisé en collaboration avec le service historique du gouvernement de Berlin qui jouait le rôle de donneur d’ordre. «Ce travail commun avec le Sénat de Berlin était une grande première dans le cadre des stages d’architecture menés par les étudiants de notre université», souligne Burkhard Lüdtke qui espère d’ailleurs que cette collaboration se renouvellera dans le futur sur de nouveaux projets.
 
Trois monuments emblématiques de Berlin rendus accessibles
«Les monuments sur lesquels nous avons travaillé sont de trois époques différentes. Notre défi était de faire coexister design, respect des traces de l’Histoire, et prise en compte de toute forme de handicap», explique Burkhard Lüdtke. Des trois monuments, la cathédrale Sainte-Edwige, de style néo-classique, est le plus ancien. Achevée en 1773, c’est aussi la plus vielle église catholique de Berlin. Vient ensuite l’ancien hôtel de ville de Berlin, érigé entre 1861 et 1869. De facture néoclassique, il abrite aujourd’hui les services chargés de l'Intérieur et des sports de la ville de Berlin, après avoir a été le siège du gouvernement de la République démocratique allemande entre 1961 et 1990.
 
Quant à la Nouvelle Galerie nationale (ou Neue Nationalgalerie en allemand), elle a été inaugurée en 1968. C’est un musée d'art moderne abritant de nombreuses collections.

Les étudiants de Modell+Design ont dessiné un pan incliné conçu pour permettre aux personnes en fauteuil roulant d\'accéder à la Nouvelle Galerie nationale. Il a été intelligemment intégré à l\'esplanade du musée.
Les étudiants de Modell+Design ont dessiné un pan incliné conçu pour permettre aux personnes en fauteuil roulant d'accéder à la Nouvelle Galerie nationale. Il a été intelligemment intégré à l'esplanade du musée. (Modell+Design)

Rendre accessible des monuments historiques sans les dénaturer
Le principal défi du projet ? Fondre dans le décor les pans inclinés massifs, pourtant difficiles à cacher, nécessaires à l’accessibilité des lieux. «Nous avons cherché à les mettre le plus en harmonie possible avec l’architecture de chacun des lieux dans le respect de leur style respectif et leur esthétique. Ce travail demandait à la fois un savoir-faire technique, mais aussi des compétences moins conventionnelles et plus créatives», résume Burkhard Lüdtke.  
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