Chypre sous tension avant la réouverture des banques

(Petros Giannakouris AP/SIPA)

Alors que les banques chypriotes devraient rouvrir jeudi, la situation est de plus en plus tendue à Chypre. Mardi, deux manifestations ont eu lieu dans les rues de la capitale Nicosie, dont l'une réunissant des employés de la première banque du pays, Bank of Cyprus. Le conseil d'administration de cette banque a refusé, mardi soir, la démission de son directeur.

Le secteur bancaire est
paralysé depuis dix jours, à Chypre. En prévision des négociations sur le plan
de sauvetage international du pays, le gouvernement avait décidé la fermeture
de toutes les banques chypriotes. Objectif : éviter une fuite massive des
capitaux, notamment étrangers, dès l'annonce des mesures. Mais cette fermeture
a aussi des conséquences sur la vie quotidienne des habitants de l'île, de plus
en plus mécontents.

Depuis la fermeture des banques, il n'est plus possible d'accéder à l'épargne. Les retraits aux distributeurs sont limités à 100€ par jour. "Quand les gens n'ont
pas assez de liquide, ils se concentrent sur l'essentiel
", raconte un
coiffeur de Nicosie, dont le salon a vu sa fréquentation baisser d'un tiers ces
derniers jours. La chambre de commerce de Chypre craint que des entreprises
soient poussées "à la faillite ". Mardi après-midi, quelques milliers de personnes ont manifesté dans le centre de Nicosie contre les mesures qui vont
toucher le secteur bancaire.

Pas de démission pour
le directeur de Bank of Cyprus

Une autre manifestation
avait lieu mardi devant la banque centrale chypriote : celle des salariés de
Bank of Cyprus, la première banque du pays. Selon le plan adopté par
l'Eurogroupe
, la banque doit recevoir les dépôts garantis de la banque Laïki,
dont la disparition est programmée. Plus tard dans la soirée, le directeur de
la banque, Andreas Artemis, ainsi que quatre administrateurs, ont posé leur
démission, pour dénoncer les conditions d'absorption de Laïki par Bank of
Cyprus. Une démission refusée par le conseil d'administration.

A l'heure actuelle, la réouverture des banques,
prévue jeudi, n'est toujours pas certaine. La banque centrale assure que les
autorités font des "efforts intenses " et "surhumains "
pour permettre la réouverture. "Chaque jour où le système bancaire est
fermé, la confiance des gens baisse et ils veulent retirer leur argent, alors
nous sommes obligés d'imposer des restrictions
", explique le gouverneur de
la banque centrale Panicos Demetriades.

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