Inéligible, à nouveau en justice, mais "toujours là" : comment Silvio Berlusconi renaît sur la scène politique italienne

Silvio Berlusconi, ancien président du Conseil italien, le 4 janvier 2018, aura 82 ans en septembre prochain.
Silvio Berlusconi, ancien président du Conseil italien, le 4 janvier 2018, aura 82 ans en septembre prochain. (ANDREAS SOLARO / AFP)

Alors que le procès de l'ex-chef du gouvernement italien reprend lundi dans l'affaire Ruby, Silvio Berlusconi compte bien peser lors des élections législatives de mars prochain.  

En Italie, Silvio Berlusconi, est au cœur d’un procès pour subornation de témoins dans l'affaire Ruby qui doit reprendre lundi 29 janvier à Milan. Malgré la procédure, et bien que déclaré inéligible depuis 2013, l'ex-président du Conseil s’apprête à jouer un rôle de premier plan dans les prochaines élections législatives en Italie le 4 mars. 

La une avec la politique et les sondages

Les démêlés judiciaires de Silvio Berlusconi ont nourri un feuilleton qui a passionné l’Italie, mais ce dernier ne fait plus beaucoup d’audience aujourd’hui. La reprise de son procès pour un des volets du Rubygate ne figure d'ailleurs pas à la une de la presse, loin s'en faut. Si l'ancien chef du gouvernement italien est revenu ces derniers temps au centre des attentions dans la péninsule, c’est pour son rôle politique. Le patron de la formation Forza Italia est jugé à ce point crédible que la coalition qu’il a mise sur pied avec l’extrême droite italienne est donnée en tête dans les sondages, avant les législatives de mars.

Déclaré inéligible depuis sa condamnation pour fraude fiscale, il y a cinq ans, Silvio Berlusconi pourra difficilement prétendre au poste de président du Conseil, mais cela ne l’empêche pas de repartir en campagne électorale, observe Marc Lazar, chercheur spécialiste de l’Italie, même s'il a changé depuis son premier mandat à la tête du gouvernement il y a près de 24 ans. "Le Berlusconi de 2018 n'est plus le Berlusconi flamboyant de 1994, mais il est toujours là, fait remarquer Marc Lazar. Il représente une référence pour une partie de son électorat."

Silvio Berlusconi tire à la fois les ficelles de la coalition de centre droit et en même temps, d'une éventuelle reformation d'un gouvernement d'unité nationale.Marc Lazar, chercheur, spécialiste de l'Italieà franceinfo

Les Italiens votent le 4 mars prochain, avec une loi électorale qui favorise les coalitions. Le parti Forza Italia dont Silvio Berlusconi n’a jamais accepté de céder les rênes sera incontournable lors des négociations pour la formation d'un nouveau gouvernement. 

Silvio Berlusconi toujours sur l'échiquier politique - un reportage de Mathilde Imberty
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