Belgique : le violeur ne sera pas euthanasié comme il le demandait

Frank Van Den Bleeken durant une audience à Bruxelles (Belgique), le 25 novembre 2013.
Frank Van Den Bleeken durant une audience à Bruxelles (Belgique), le 25 novembre 2013. (MAXPPP)

Le criminel demandait à ce qu'on mette fin à ses jours, mais les médecins ont décidé de l'interner dans un centre psychiatrique.

Les médecins refusent de poursuivre la procédure. Le violeur et meurtrier belge qui demandait à être euthanasié ne va pas mourir, a annoncé mardi 6 janvier le ministre belge de la Justice, Koen Geens. Ce dernier "prend acte de la décision des praticiens de ne plus continuer la procédure d'euthanasie", qui devait se dérouler dimanche dans l'aile médicalisée de la prison de Bruges, a indiqué un communiqué du ministère.

Un transfert possible aux Pays-Bas

Frank Van Den Bleeken, un quinquagénaire qui avait demandé à bénéficier de la loi belge de 2002 autorisant l'euthanasie en raison de souffrances psychiques, sera transféré vers le Centre psychiatrique légal de Gand (ouest de la Belgique), ouvert en novembre, en vue de développer un "trajet adapté de soins", d'après le ministre. Il n'a fourni aucune précision sur les motifs de ce revirement, indiquant seulement que "les motivations personnelles de cette décision relèvent du secret médical".

En outre, selon Koen Geens, des "contacts très récents et intenses" avec les autorités néerlandaises "offrent une claire perspective d'un transfert rapide vers un centre spécialisé dans les longs séjours d'internement" aux Pays-Bas.

L'euthanasie n'était pas le choix initial du prisonnier

Frank Van Den Bleeken, qui a commis plusieurs viols, dont un suivi de meurtre le 1er janvier 1989, se considère comme un danger pour la société et ne souhaite pas être remis en liberté. Mais, jugeant ses conditions de détention inhumaines, il avait demandé à être transféré vers un établissement psychiatrique spécialisé aux Pays-Bas. Après le refus de la justice belge, il estimait n'avoir pas d'autre issue que l'euthanasie.

L'annonce de cette euthanasie avait suscité un vif débat en Belgique, comme l'expliquait France 2 à l'époque. Beaucoup avaient dénoncé dans cette évolution un détournement de la loi belge sur l'aide à la fin de vie.

Une prise en charge insuffisante des malades mentaux 

Cette affaire a souligné les limites de la loi de 2002 autorisant dans certaines conditions l'euthanasie, dont la présence "d'une souffrance physique ou psychique constante et insupportable". La Ligue belge des droits de l'homme (LDH) a notamment jugé que le choix de Frank Van Den Bleeken était "le résultat direct des manquements de l'Etat belge à son obligation de prise en charge des personnes souffrant de troubles mentaux".

Le ministre de la Justice a promis mardi de développer dans les six prochains mois un "plan en vue de l'organisation d'une capacité concrète d'accueil en Belgique" des internés souffrant de troubles psychiques profonds, alors que le pays a été plusieurs fois condamné par la Cour européenne des droits de l'homme pour ses carences dans ce domaine.