Critiqué après son embauche par Goldman Sachs, Barroso dénonce des mesures "discriminatoires" de l'UE

José Manuel Barroso lors d\'une conférence de presse, à Bruxelles, le 24 octobre 2014.
José Manuel Barroso lors d'une conférence de presse, à Bruxelles, le 24 octobre 2014. (EMMANUEL DUNAND / AFP)

L'embauche de l'ancien président de la Commission européenne par la banque d'affaires a suscité une vive réaction de la France. Dans la foulée, le successeur de José Manuel Barroso, Jean-Claude Juncker, a demandé des clarifications sur cette embauche.

José Manuel Barroso se dit victime de mesures "discriminatoires" de l'Union européenne, mardi 13 septembre. L'embauche de l'ancien président de la Commission européenne par la banque Goldmann Sachs a suscité une vive réaction de la France, François Hollande la jugeant "moralement inacceptable". Dans la foulée, le successeur de José Manuel Barroso, Jean-Claude Juncker, avait demandé des clarifications sur cette embauche.

"Ces actions sont non seulement discriminatoires, mais elles apparaissent en plus comme incompatibles avec des décisions prises concernant d'autres anciens membres de la Commission", rétorque José Manuel Barroso dans une lettre. Cette missive, que s'est procurée L'Opinion, est datée de mardi et adressée à Jean-Claude Juncker, l'actuel président de la Commission.

Poussé par la médiatrice de l'UE, Jean-Claude Juncker avait fini par demander à son prédécesseur "des clarifications sur ses nouvelles responsabilités et les termes de son contrat de travail" avec Goldman Sachs. La réponse, a précisé Jean-Claude Juncker, sera soumise à l'avis, non contraignant, du comité d'éthique. Cette instance est chargée d'éclairer la Commission sur les projets de reconversion professionnelle des anciens commissaires européens et leur conformité ou non avec les règles internes de bonne conduite.

Le rôle de Goldman Sachs dans la crise de 2008

La banque d'affaires américaine Goldman Sachs a engagé l'ancien président de la Commission Européenne José Manuel Barroso pour la conseiller, au moment où le secteur financier était secoué par les craintes liées au Brexit. Le Portugais doit occuper les fonctions de président non-exécutif de Goldman Sachs International, branche internationale du groupe américain, basée à Londres, et de conseiller de Goldman Sachs, a précisé la banque dans un communiqué. Premier ministre du Portugal de 2002 à 2004, José Manuel Barroso a occupé la présidence de la Commission européenne de 2004 à 2014, période durant laquelle l'Europe et le monde ont été secoués par la grave crise financière de 2008.

Le président français François Hollande avait souligné qu'il soutenait "entièrement" l'initiative du président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. "Quand on sait que c'est Goldman Sachs qui a été l'une des causes des difficultés que nous avons pu rencontrer" avec la crise financière de 2008, "ça a pu justifier une procédure, celle que M. Juncker vient d'engager", avait relevé le président français.

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