Automobile : la Norvège prône le 100% électrique dès 2025

Info ou intox ? La Norvège va-t-elle interdire les automobiles à moteur à explosion ? Les quatre partis politiques de la coalition au pouvoir semblent s’être accordés sur le principe. Ce serait une première mondiale. Certains médias donnent même la date de 2025. Pas si simple.

Le pays connait un développement spectaculaire du parc automobile électrique. En 2015, l’électrique a représenté 26.000 véhicules vendus. Une voiture sur cinq vendues est électrique. Pour le mois de mars 2016, nouveau succès avec plus de 43% des ventes, soit 6000 unités. La Norvège s’est durablement installée en tête des pays européens pour les ventes de voitures électriques.
 
L’engouement est réel, il faut le dire, boosté par des avantages conséquents. Le premier d’entre eux, et non le moindre, est l’absence de TVA. La suite n’est pas désagréable non plus. Exonération de péage urbain, recharge gratuite, tout comme le parking. L’Etat fait les yeux doux à l’électrique. Une politique qui s’accompagne d’un manque à gagner en taxes de 500 millions d’euros. Mais la manne pétrolière le permet encore, malgré la chute des cours du brut.
 
La Norvège a aussi besoin de consommer sa production d’électricité. Car le pays dispose de 50% du réservoir hydroélectrique non exploité d’Europe. L’énergie utilisée dans le pays est aux 2/3 d’origine électrique.
 
Sur le papier donc, le passage au tout électrique dans l’automobile est possible. Alors, bien sûr, les fabricants félicitent le projet norvégien. Au premier rang, on retrouve Elon Musk le fondateur de la Tesla, voiture la plus vendue en Norvège malgré son prix (68.000 à 106.000 euros en France). «Quel pays incroyablement génial. Les gars, vous assurez !» a-t-il tweeté.
 
Pourtant cela ne fait malgré tout qu’une voiture sur 40 roulant à l’électricité dans le pays. Alors, les Norvégiens les moins fortunés auront-ils les moyens de se convertir ? Il faudra pour cela que se crée un marché de l’occasion digne de ce nom. Aussi, le Parti travailliste préfère avancer la date de 2030 pour l’interdiction des véhicules carbonés.
 
D’autre part, le réseau électrique sera-t-il capable de répondre à la demande de la recharge qui se situera aux mêmes heures pour les usagers ?
 
Enfin, cet objectif ambitieux ne doit pas masquer la progression constante des ventes de véhicules hybrides, rechargeables ou non. Du coup, le bilan des rejets carbone se dégrade, puisque ces véhicules consomment également de l’essence. Un joli tour de passe-passe, qui permet de parler de véhicules électriques, alors qu’ils ne le sont pas à 100%.
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