Attentats de Bruxelles : l'aéroport n'était pas prêt à faire face à une attaque terroriste

Des militaires belges patrouillent à l\'aéroport de Bruxelles-Zaventem le 2 mai 2016, le jour de sa réouverture après l\'attaque terroriste du 22 mars.
Des militaires belges patrouillent à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem le 2 mai 2016, le jour de sa réouverture après l'attaque terroriste du 22 mars. (ERIC LALMAND / BELGA MAG / AFP)

La RTBF dévoile un premier rapport encore confidentiel de la commission d'enquête parlementaire belge.

"Le 22 mars, on a assisté à un échec global de la communication." Tel est le constat sans appel dressé par la commission d'enquête parlementaire belge sur les attentats-suicides meurtriers du 22 mars à l'aéroport Zaventem de Bruxelles. La télévision publique belge RTBF a dévoilé un premier rapport encore confidentiel, jeudi 7 juillet. En voici les principales conclusions.

Pas de plan de crise en cas d'attaque terroriste

Selon les rapporteurs, l'aéroport ne disposait pas de plan de crise en cas d'attaque terroriste. Contrairement à ce qui était prévu pour le métro, "les plans spécifiques de l'aéroport ont été conçus principalement pour faire face à une catastrophe" de type "crash d'avion", qui est "d'un point de vue statistique le risque le plus accru""Ces plans ne comprennent pas de volet spécifiquement consacré au terrorisme". Et cet aspect n'était pas prévu dans les exercices du personnel de secours à Bruxelles-Zaventem. La commission d'enquête insiste pour que le plan de crise de l'aéroport soit "actualisé d'urgence". 

"Il s'est également avéré, lors de l'attentat, qu'il n'y avait qu'un seul chien spécialisé dans la recherche de bombes et d'explosifs présent dans l'aéroport", relève encore la commission d'enquête. Un élément important, étant donné qu'une troisième bombe déposée dans le hall des départs n'avait pas explosé.

Un réseau de communication saturé

La gestion de la situation et la communication entre services de secours dans les premières heures après les attentats est durement épinglée. Les rapporteurs prennent l'exemple du réseau radio Astrid de la police et des secours, saturé au point qu'un quart des 34 000 tentatives de communication ont échoué ce jour-là. Le rapport préconise de revoir en profondeur le fonctionnement du centre de crise. 

Le rapport regrette la congestion de tout le réseau de téléphonie mobile, "totalement saturé". "Dans la pratique, les services de secours ont souvent dû recourir à des solutions créatives", pointe-t-il. Selon les médias, les ambulanciers et pompiers ont parfois utilisé des applications comme WhatsApp pour se coordonner.

La police et le renseignement désormais sur la sellette

La commission d'enquête du Parlement belge s'est pour l'instant penchée sur l'organisation des secours et la gestion de crise. Elle doit prochainement aborder le fonctionnement des services de police et de renseignement, accusés de défaillances dans le suivi des kamikazes, dont certains ont également joué un rôle clé dans les attentats de Paris et d'autres étaient des membres connus du milieu criminel bruxellois.

Début mai, les autorités ont adopté un arrêté prévoyant l'élaboration d'un nouveau "plan d'urgence national". Car les plans de crise pour les sites sensibles en Belgique étaient, eux, obsolètes et souvent vieux de plus de dix ans.

La Stib, l'exploitant du métro de Bruxelles, également frappé par les terroristes, avait en revanche élaboré un plan d'urgence après les attentats à la gare d'Atocha, à Madrid, en 2004, et dans le métro de Londres, en 2005. Comme prévu, un centre de commandement en cas de crise a immédiatement pris la direction des opérations après l'attentat dans la station de Maelbeek, dans le quartier européen. 

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