"Il nous avait dit qu'il comptait rentrer au bled" : la famille d'Anis Amri parle de l'auteur de l'attentat de Berlin

Le père d\'Anis Amri entouré de ses enfants dans la région tunisienne de Kairouan, le 22 décembre 2016.
Le père d'Anis Amri entouré de ses enfants dans la région tunisienne de Kairouan, le 22 décembre 2016. (FETHI BELAID / AFP)

Deux frères et le père d'Anis Amri ont parlé du terroriste, abattu le 23 décembre à Milan. 

Leurs traits sont tirés, leur mine est grave. Les frères d'Anis Amri, l'auteur de l'attentat au camion de Berlin et abattu vendredi par la police à Milan, se sont confiés aux médias, jeudi 22 décembre.

Quand il a appris que son frère était suspecté dans l'enquête sur l'attaque meurtrière qui a fait 12 morts, Walid n'en a pas cru ses oreilles. "J'étais très choqué, comme tous les Tunisiens qui ont entendu la nouvelle, confie-t-il, quand la police est venue enlever ma mère, on a tout de suite compris que c'était pour Anis." Une mère "effondrée" lorsqu'elle a appris la nouvelle selon un autre des frères Amri. "Toute la famille a du mal à gérer cette situation", rapporte Le Monde

"Je veux juste le condamner pour ce qu'il a fait" : son père refuse de parler à visage découvert. Cela fait plus d'un an qu'il n'a plus de nouvelles de son fils de 24 ans qui a quitté la Tunisie en 2011, en direction de Lampedusa. "Il est d'abord passé par l'Italie, a été condamné pour vol et, pour avoir brûlé une école, il a fait quatre ans de prison. Puis, quand il a été libéré, il est parti en Allemagne", retrace-t-il.

"Pendant cette période en prison, il a beaucoup changé"

Dans sa ville natale d'Oueslatia, qui compte 8 000 habitants, son frère Walid avait déjà dressé un portrait d'Anis. "Il ne priait pas. Il a été en Italie et il y a eu des problèmes. Il était dans un centre d’accueil où il y a eu un incendie en 2011. Après cela, il a passé quatre ans en prison en Italie, explique-t-il dans une interview rapportée par Euronews. Pendant cette période de prison, il a beaucoup changé. C‘était un autre homme que lorsqu’il en est sorti."

"Dix jours avant l'attentat, il nous avait dit qu'il comptait rentrer au bled en janvier", indique Walid. "Il rigolait (avec nous). Rien ne montrait qu'il ait pu se radicaliser. Je suis sûr qu'il n'a pas commis une chose pareille. Il n'a pas émigré pour ça !", a expliqué Abdelkader, un autre frère d'Anis.

Celui-ci s'était exprimé sans savoir qu'Anis avait été abattu : "Si mon frère m‘écoute, je veux lui demander de se rendre. Si c’est lui qui a fait ça, il sera puni et cela ne rend pas honneur à notre famille et à notre entourage." Ce dernier n'était pas convaincu du fait que son frère soit coupable. "Tout le monde nous connaît ici. On ne fait pas des choses pareilles", a-t-il ajouté. 

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