Attentat de Berlin : ce que l'on sait (et ce que l'on ne sait pas) de la cavale d'Anis Amri

Le corps d\'Anis Amri gît au sol, à proximité de la gare routière de Milan, où il a été abattu par deux policiers italiens, dans la nuit du jeudi 22 au vendredi 23 décembre 2016.
Le corps d'Anis Amri gît au sol, à proximité de la gare routière de Milan, où il a été abattu par deux policiers italiens, dans la nuit du jeudi 22 au vendredi 23 décembre 2016. (DANIELE BENNATI / ANSA)

Avant d'être abattu vendredi matin à Milan, le principal suspect de l'attentat de Berlin semble être passé par la France, notamment par Chambéry. Un billet de train a été retrouvé dans son sac à dos.

C'est la fin d'une traque de quatre jours. Anis Amri, le principal suspect de l'attentat de Berlin, a été abattu à Milan (Italie), vendredi 23 décembre, lors d'un contrôle de police, vers 3 heures du matin. Les enquêteurs cherchent maintenant à établir l'itinéraire du Tunisien de 24 ans pendant sa cavale. Franceinfo fait le point sur ce que l'on en sait.

Ce que l'on sait

Comment il a été tué. Anis Amri se trouvait devant la gare ferroviaire de Sesto San Giovanni, en banlieue nord de Milan, quand les policiers l'ont repéré cette nuit. Il était 3 heures, la gare était fermée. Les agents ont décidé de contrôler ses papiers d'identité. Anis Amri aurait sorti une arme à feu de son sac à dos et tiré en direction d'un policier, qui a été légèrement blessé à l'épaule. Son collègue l'a alors abattu.

Ce qu'il portait sur lui. Lorsqu'il a été tué, Anis Amri "avait très peu d'effets personnels sur lui, aucun papier, c'était un fantôme", a déclaré Antonio de Iesu, le préfet de police de Milan. "Il n'avait pas sur lui d'autre arme (que le pistolet avec lequel il a fait feu), ni de téléphone, seulement un petit couteau et quelques centaines d'euros. Il s'agissait juste d'un contrôle sur le territoire. Cela peut sembler paradoxal et ça l'est, nous ne savions pas qu'il s'agissait d'un tueur." 

Selon des informations des médias italiens confirmées par France 2, Anis Amri était en possession d'un billet de train Chambéry-Milan via Turin, ce qui indiquerait qu'il serait passé par la France. 

Le site Politico (en anglais) croit savoir de son côté que les enquêteurs ont trouvé dans son sac à dos "un téléphone portable", "1 005 euros en espèces", et "deux billets de train", "un de Chambéry à Milan acheté à 17 heures le 22 décembre, et un deuxième de Turin à Milan acheté dans la soirée du 22 décembre." Le site explique que l'homme aurait pu "tenter de voyager directement jusqu'à Milan avant de décider de s'arrêter à Turin et d'acheter un nouveau billet".

Ce que l'on ne sait pas 

Comment il est arrivé en Italie. Anis Amri venait probablement de France, comme le laisse entendre le billet de train qui a été retrouvé dans ses affaires. Cela signifie qu'il a au moins traversé deux frontières pour se rendre de Berlin (où il a commis l'attentat lundi 19 décembre) jusqu'à Milan (où il a été abattu cette nuit). Soit un périple d'au moins 1 500 kilomètres.

Mais reste à déterminer par où il est passé. A-t-il traversé l’Allemagne et la Suisse ? A-t-il fait un crochet par Paris ? Par quel moyen de transport ? A-t-il bénéficié de complicités ? Le ministre italien de l'Intérieur, Marco Minniti, est resté jusque-là silencieux. Il pourrait y avoir des "développements ultérieurs", a-t-il simplement déclaré. D'après Europe 1, Anis Amri a pris le train jeudi entre Lyon Part Dieu et Chambéry, puis le TGV de 17h44 qui est arrivé à 21h50 à Milan.

Ce qu'il a fait après l'attentat. Anis Amri semble avoir "profité" du cafouillage des autorités allemandes dans les premières heures qui ont suivi l’attaque, lundi soir. Il a en effet eu 30 heures pour disparaître dans la nature entre sa fuite du marché de Noël de Berlin et le lancement d'un avis de recherche allemand et européen à son encontre.