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Le chef du renseignement allemand met en doute les "chasses" aux étrangers à Chemnitz

Le patron du renseignement intérieur allemand, Hans-Georg Maassen à Berlin (Allemagne), le 14 mai 2018.  (KAY NIETFELD / AFP)

Le parti écologiste, qui a parlé d'"une attaque frontale contre madame Merkel", et la gauche radicale ont réclamé la démission du chef du renseignement après ses déclarations.

Le patron du renseignement intérieur allemand, Hans-Georg Maassen, a mis en doute, vendredi 7 septembre, l'existence de "chasses" aux étrangers à Chemnitz, contredisant et embarrassant Angela Merkel au moment où elle fait face à de nouveaux remous politiques sur les migrants. La cité saxonne est depuis près de deux semaines le théâtre de manifestations et de violences, à la suite du meurtre à l'arme blanche d'un Allemand, que plusieurs demandeurs d'asile sont soupçonnés d'avoir commis.

Hans-Georg Maassen a fait part dans une interview au quotidien Bild de ses sérieux doutes quant à d'éventuelles "chasses collectives" perpétrées contre des personnes d'apparence étrangère lors d'un rassemblement non autorisé de l'extrême droite le 26 août à Chemnitz. Or, ces "chasses collectives" avaient été officiellement condamnées dès le lendemain par le porte-parole de la chancelière Angela Merkel, Steffen Seibert. La dirigeante elle-même avait ensuite employé cette expression, évoquant également des images montrant "très clairement la haine" et "une poursuite contre des personnes innocentes".

"Fausse information" 

Le chef du renseignement a directement mis en doute l'authenticité d'une vidéo diffusée ce jour-là sur les réseaux sociaux et montrant au moins un jeune homme, probablement d'origine étrangère, poursuivi en pleine rue par des hommes vociférant. "Il y a de bonnes raisons de croire qu'il s'agit d'une fausse information intentionnelle pour éventuellement détourner l'attention de l'opinion publique du meurtre à Chemnitz", explique Hans-Georg Maassen qui n'a fourni aucune autre précision.

La police de Chemnitz avait pourtant elle-même fait état de plaintes déposées par un jeune Afghan, un Bulgare ou encore un Syrien, pour des agressions en marge du défilé du 26 août par l'extrême droite, organisé afin de dénoncer l'homicide commis le même jour.

De même, le journaliste qui affirme avoir réalisé cette vidéo et qui collabore au prestigieux hebdomadaire allemand Die Zeit a confirmé son authenticité.

Attaque frontale contre Angela Merkel 

Le parti écologiste, qui a parlé d'"une attaque frontale contre Mme Merkel", et la gauche radicale ont réclamé la démission du chef du renseignement après ses déclarations. Le parti d'extrême droite AfD, à l'inverse, a demandé la démission du porte-parole d'Angela Merkel.

La chancelière est en grande difficulté depuis des mois sur la question migratoire, car chaque fait divers impliquant des migrants est l'occasion pour l'AfD de l'attaquer et de dénoncer une hausse supposée de l'insécurité et de la délinquance depuis 2015. D'autant que Horst Seehofer, également président du très conservateur parti bavarois CSU – théoriquement allié de la CDU – conteste de nouveau ouvertement la politique migratoire de la chancelière. Le ministre avait déjà poussé la coalition gouvernementale entre sociaux-démocrates et conservateurs au bord de l'implosion fin juin sur cette épineuse question de l'accueil des migrants.