Résultats européennes 2019 : en Allemagne, la CDU d'Angela Merkel reste en tête, forte poussée des Verts

Manfred Weber, membre du CSU et président du groupe PPE (droite et centre-droit) au Parlement européen, le 17 mai 2019 à Berlin (Allemagne). 
Manfred Weber, membre du CSU et président du groupe PPE (droite et centre-droit) au Parlement européen, le 17 mai 2019 à Berlin (Allemagne).  (GREGOR FISCHER / DPA)

La CDU-CSU de la chancelière Angela Merkel obtient 27,9% des voix aux élections européennes, selon les premières estimations.

Avec 28,70% des voix, la CDU-CSU d'Angela Merkel arrive largement en tête en Allemagne, à l'issue des élections européennes du dimanche 26 mai, selon les résultats fournis par le Parlement européen. Elle est suivie par les Verts, qui effectuent une énorme poussée avec 20,70%, loin devant les sociaux-démocrates (SPD), relégués en troisième position avec 15,60%.

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Ce scrutin était crucial pour l'Allemagne, première puissance économique de l'Union européenne et qui envoie la plus grosse délégation de députés au Parlement européen, avec 96 élus. D'après le baromètre de la Commission européenne, publié en février, 81% des Allemands pensent que l'adhésion à l'Union européenne est une bonne chose (contre 61% en France). 

Quels étaient les enjeux du scrutin ? 

En Allemagne, trois forces politiques dominent le paysage : le SPD (Parti social démocrate), la CDU-CSU – à laquelle appartient Angela Merkel –, et les Verts. Depuis les élections législatives de 2017, les partis traditionnels sont en pleine recomposition après l'échec de la grande coalition "Jamaïque" entre CDU-CSU, FDP, le Parti libéral démocrate et les Verts. C'est finalement la coalition CDU-CSU et SPD qui avait été reconduite, permettant à Angela Merkel de rester chancelière. 

Les élections régionales de 2018 ont acté un fort recul des partis traditionnels qui rejouaient, quelques mois plus tard, pour les élections européennes, leur crédibilité politique. La CDU-CSU reste la première force politique du pays, alors que le SPD, devancé par les écologistes, est en perte de vitesse. Et, nouveauté depuis les élections législatives de 2017, l'AfD, le parti d'extrême droite, a fait son entrée au Bundestag, le Parlement allemand.

L'écologie est devenue un enjeu central pendant la campagne des élections européennes outre-Rhin, comme l'explique le journal Le Monde dans cet article : "30 % des électeurs allemands citent le changement climatique comme l'un des enjeux prioritaires du moment. A la veille des législatives de 2017, ils n'étaient que 5%", détaille le journal, d'après le baromètre Forschungsgruppe Wahlen-ZDF, publié vendredi 10 mai. 

Quels sont les résultats ? 

Le parti de la chancelière, la CDU-CSU, obtient 28,70% et envoie 29 députés au Parlement européen. L'Alliance 90-Les Verts (Die Grüne) obtient 20,70% des voix et 21 sièges ; elle devient la deuxième force politique du pays. Le SPD arrive troisième, avec 15,60% et 16 élus qui siégeront à Strasbourg. Enfin, l'AfD (extrême droite) obtient 10,80% des voix et envoie 11 députés à Strasbourg. 

Ces résultats sont globalement en phase avec les derniers sondages parus quelques jours avant le scrutin, qui prévoyaient cependant un score légèrement plus élevé pour la CDU (31%) et un peu moins élevé pour les Verts (18%).

Quelles sont les personnalités politiques élues ? 

Manfred Weber, chef de file du PPE, le Parti populaire européen, groupe majoritaire au Parlement européen, est membre de la CDU-CSU. Député européen depuis 2004, réelu en 2009 et 2014, il brigue aussi la présidence à la tête de la Commission européenne. 

Pour le SPD, Katarina Barley et Udo Bullmann, qui codirigent la liste, auront leur siège à Strasbourg. Le second a annoncé vouloir organiser une alliance avec La République en marche et les libéraux au Parlement européen, alors que le SPD appartenait jusqu'à présent au groupe Socialistes et Démocrates (S&D) au Parlement européen. Le SPD, en perte de vitesse, tente de trouver une nouvelle stratégie pour peser dans la vie politique européenne, comme le détaille Courrier international

Les Verts continuent leur percée au Parlement avec la réélection de Ska Keller, qui était déjà à la tête du groupe Verts-Alliance libre européenne, dans lequel la délégation allemande est la plus importante, avec 21 députés. Notons que Yanis Varoufakis, l'ancien ministre des Finances grec, a fait campagne en Allemagne, en dehors de son pays d'origine, la Grèce, à la tête de la liste Démocratie en Europe. 

Que faut-il retenir de ces élections ? 

Les deux partis qui forment la grande coalition en Allemagne, la CDU et le SPD, ressortent affaiblis de cette élection. En 2014, la CDU-CSU avait obtenu 35 % des voix, soit 34 sièges au Parlement européen. Le SPD comptabilisait 27% des voix en 2014 et 27 sièges. Les écologistes deviennent plus que jamais la deuxième force politique du pays, passant devant le SPD. L'AfD, qui avait envoyé 7 députés en 2014, fait mieux qu'il y a cinq ans.

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