Allemagne : l'extrême droite menacée d'être placée sous surveillance

Des militants de l\'AfD lors d\'une manifestation à Rostock (Allemagne), le 12 décembre 2018.
Des militants de l'AfD lors d'une manifestation à Rostock (Allemagne), le 12 décembre 2018. (BERND WUSTNECK / DPA / AFP)

Les services de renseignement allemands enquêtent pour tenter d'établir les liens éventuels de membres de l'AfD avec l'extrême droite radicale et les milieux néonazis.

Les services de renseignement allemands menacent le parti d'extrême droite AfD contre un placement "sous surveillance", mardi 15 janvier, du fait notamment des discours extrémistes de certains de ses membres. L'Office fédéral pour la protection de la Constitution n'a pas officiellement "placé sous surveillance" l'Alternative pour l'Allemagne (AfD). Il s'est borné, pour le moment, à en faire un "cas test", au terme d'un examen de plusieurs mois des discours et des publications de ce parti fondé en 2013.

Mais les services allemands vont poursuivre leur enquête pour tenter d'établir les liens éventuels de membres de l'AfD, une formation représentée au Bundestag depuis 2017, avec l'extrême droite radicale et les milieux néonazis. Un placement officiel sous surveillance pourrait être décidé ultérieurement.

Les services de renseignement disposent de "premières indications concrètes d'une politique de l'AfD dirigée contre les fondements démocratiques" de l'Allemagne, a déclaré leur dirigeant, Thomas Haldenwang, au cours d'une conférence de presse. Ces éléments sont cependant insuffisants à l'heure actuelle pour déclencher le processus de surveillance. 

Les organisations de jeunesse de l'AfD déjà sous surveillance renforcée

Le président de l'AfD, Alexander Gauland, a annoncé en retour un recours en justice contre cette décision. Il a accusé, pendant une conférence de presse, les services de renseignement d'avoir pris cette décision sous "pression politique". Alice Weidel, coprésidente du groupe AfD au Bundestag, a quant à elle regretté le limogeage il y a quelques mois de l'ancien chef de ces services, Hans-Georg Maassen, pour ses liens supposés avec l'extrême droite allemande.

Des organisations de jeunesse de ce parti, comme Les Ailes et la Jeune alternative, font pour leur part l'objet d'une surveillance renforcée, le stade au-dessus de la surveillance. Un dirigeant des Ailes avait notamment jugé en 2017 que le Mémorial de la Shoah à Berlin était un "mémorial de la honte".

Un placement officiel sous surveillance donnerait des pouvoirs accrus aux services chargés du renseignement intérieur, notamment la possibilité d'espionner les télécommunications des membres de l'AfD, de stocker des données personnelles, de recruter des informateurs et d'utiliser des agents infiltrés.

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