Allemagne : l'extrême droite défile à Chemnitz, après une "chasse collective" aux étrangers

Des manifestants d\'extrême droite réclament \"l\'arrêt des flux migratoires\", à Chemnitz (Saxe, Allemagne), le 27 août 2018.
Des manifestants d'extrême droite réclament "l'arrêt des flux migratoires", à Chemnitz (Saxe, Allemagne), le 27 août 2018. (JAN WOITAS / DPA)

Plusieurs centaines de sympathisants de l'extrême droite se sont rassemblés, au lendemain du meurtre d'un trentenaire allemand, dont sont accusés deux ressortissants étrangers.

Au lendemain d'un meurtre dont sont accusés deux étrangers, l'extrême droite a défilé à Chemnitz (Saxe), en Allemagne, lundi 27 août. La veille, une "chasse collective" aux migrants s'est déjà déroulée dans les rues de la ville. D'importants effectifs policiers ont donc été déployés, lundi, face à plus de 2 000 protestataires dont une centaine au visage dissimulé. Les participants au rassemblement ont réclamé des "expulsions" et brandi des pancartes où l'on pouvait lire : "Les réfugiés ne sont pas les bienvenus !" 

Plusiuers personnes ont été blessées par des engins pyrotechniques et des projectiles, mais la police n'a fourni aucune précision sur la gravité des blessures, ni sur le nombre exact de blessés. Le défilé a rassemblé plus de 2 000 protestataires d'extrême droite, face auxquels environ un millier de contre-manifestants proches de l'extrême gauche étaient réunis, selon l'agence allemande DPA.

Dimanche, quelque 800 personnes, dont une cinquantaine prêtes à en découdre avec la police, étaient rassemblées pour protester contre le meurtre, la nuit précédente, d'un Allemand de 35 ans, pour lequel un Syrien et un Irakien ont été placés en détention provisoire. Les deux suspects du meurtre, âgés de 22 et 23 ans, sont soupçonnés d'avoir "à plusieurs reprises, porté des coups de couteau" à la victime, après une "altercation verbale", selon le parquet.

Plusieurs étrangers agressés dimanche

Les militants d'extrême droite appelaient le gouvernement à garantir "la sécurité" de ses citoyens et à "changer de politique". Ces sympathisants d'extrême droite "ont attaqué à coups de jets de bouteilles et de pierres" des policiers, qui ont dû faire usage de gaz lacrymogènes, selon Sonja Penzel, qui dirige la police de la ville. Ils ont également mené des "chasses collectives" contre des étrangers, que la chancelière Angela Merkel a dénoncées avec véhémence. Ces événements "n'ont pas leur place dans notre Etat de droit", a affirmé son porte-parole, Steffen Seibert.

Selon plusieurs témoignages, les manifestants s'en sont pris physiquement à des étrangers en les pourchassant. La police a déjà reçu trois plaintes impliquant quatre personnes. Une adolescente de 15 ans et son compagnon afghan de 18 ans ont été agressés et légèrement blessés. Peu après, un Syrien de 18 ans a été frappé. Un Bulgare de 30 ans a aussi été menacé. Plusieurs vidéos tournées durant les incidents sont également en cours d'analyse par la police, selon Sonja Penzel.

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