Accusé d'avoir volé des ovocytes, un célèbre gynécologue italien est arrêté

Severino Antinori donne une conférence à Rome (Italie), le 5 mai 2004.
Severino Antinori donne une conférence à Rome (Italie), le 5 mai 2004. (PAOLO COCCO / AFP)

La justice soupçonne le médecin d'avoir diagnostiqué un kyste ovarien à une jeune femme dans le seul but de lui prendre ses ovocytes. 

 L'"accoucheur des grand-mères" dans la ligne de mire de la justice italienne. Severino Antinori a été arrêté à l'aéroport romain de Fiumicino, vendredi 13 mai. Il est soupçonné d'avoir volé des ovocytes à une patiente. Le gynécologue italien âgé de 70 ans est connu pour avoir aidé des femmes âgées de plus de 60 ans à donner naissance à des enfants. Le médecin a été assigné à résidence à Rome et sa licence de gynécologue lui a été retirée pour un an.

La justice italienne l'accuse de vol aggravé et d'avoir infligé des dommages corporels à la victime présumée, une Espagnole de 24 ans avec un diplôme d'infirmière, qui avait récemment commencé à travailler dans la clinique de Severino Antinori à Milan.

Immobilisé de force

La justice soupçonne le médecin d'avoir organisé un entretien d'embauche avec la jeune femme, qu'il a rencontrée par hasard, et de lui avoir diagnostiqué un kyste ovarien dans le seul but de lui prendre ses ovocytes. 

Les avocats de Severino Antinori, qui ont qualifié les accusations contre leur client d'"absurdes", ont affirmé samedi que leur client avait été victime d'une tentative d'extorsion de la part d'une femme cherchant à obtenir un travail dans sa clinique.

La plaignante a de son côté affirmé qu'avant de recevoir son premier traitement, le 5 avril, on lui avait retiré son téléphone portable avant de l'immobiliser de force et de l'opérer sans son consentement. Elle pensait que le traitement de son kyste consisterait en de simples injections, a déclaré son avocat. 

"Un marché des ovocytes"

L'enquête a été ouverte après que la femme a appelé les services d'urgence à partir d'un téléphone de la clinique à l'issue son intervention chirurgicale.

L'un des avocats d'Antinori, Tommaso Pietrocarlo, a affirmé samedi que la jeune femme avait accepté de donner ses ovocytes et avait signé un formulaire d'acceptation un mois avant l'intervention. Il a déclaré à l'agence de presse italienne ANSA qu'elle avait signé ce formulaire "après une consultation avec un psychologue qui va attester qu'elle était consciente de son choix".

La justice enquête, soupçonnant qu'il ne s'agit pas d'un cas isolé. "L'arrestation de Severino Antinori est extrêmement grave, car elle montre l'existence d'un marché des ovocytes qui ne s'arrêtera devant rien", a réagi Donata Lenzi, député du Parti démocrate au pouvoir.