Etats-Unis : les aéroports sont très loin d’être sécurisés

(Même des explosifs passent à travers les mailles du filet de la sécurité des aéroports américains © Reuters-Eduardo Munoz)

La sécurité des aéroports américains au pilori depuis la publication d’un rapport mardi. Dans 95% des tests, les objets interdits comme les armes n’ont pas été détectés. De plus, 73 employés des aéroports figurent sur les listes de personnes suspectés de liens avec des groupes terroristes.

Depuis les attentats du 11 septembre, les Etats-Unis savent que la sécurité dans les aéroports est vitale en matière de lutte contre le terrorisme. Visiblement, il reste pourtant des failles sérieuses dans le système de contrôle des voyageurs. Un rapport de l’Inspection générale (OIG) rendu public mardi révèle notamment qu'il y a au moins 73 employés qui figurent dans des listes de personnes suspectés de liens avec des groupes terroristes.

 

Et ce n'est qu'un des exemples livrés au cours d'une audition accablante devant le Congrès américain. Le témoignage d’une responsable de la sécurité de l’aéroport de Minneapolis (Minnesota) a de quoi dissuader de prendre l’avion. Elle raconte que parmi les employés qu’elle a croisés, certains sont partis en Syrie rejoindre Daech. Elle explique aussi que la priorité n’est pas donnée à la sécurité mais au commerce, "les pass permettant d’éviter les contrôles sont trop facilement distribués ", explique-t-elle.

Armes et explosifs dans les zones d’embarquement

Le problème va bien au-delà de cet aéroport du Minnesota. Il concerne tous les Etats-Unis. "La Transportation security administration (TSA) n’a pas conscience de la gravité de la situation ", écrit un enquêteur du ministère de l’Intérieur. Il est vrai que des agents du FBI se faisant passer pour des voyageurs ont réussi à introduire des armes et des explosifs dans des zones d’embarquement. Dans 95% des cas, les objets interdits n’ont pas été détectés.

 

Le directeur de la TSA a été remplacé mais cela ne va pas changer grand-chose. Cette agence fédérale n’a pas accès à la plupart des fichiers de l’anti-terrorisme et ses 50.000 employés ont souvent l’impression d’être en première ligne sans avoir les moyens d’accomplir leur mission.

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