L'Allemagne accusée d'avoir espionné la France pour le compte de la NSA

La station d\'écoutes de Bad Aibling, en Bavière (Allemagne), le 6 juin 2014.
La station d'écoutes de Bad Aibling, en Bavière (Allemagne), le 6 juin 2014. (CHRISTOF STACHE / AFP)

Selon le quotidien allemand "Süddeutsche Zeitung", de hauts fonctionnaires du ministère français des Affaires étrangères, du palais de l'Elysée et de la Commission européenne ont été surveillés. 

Remous en perspective dans le couple franco-allemand. Les services de renseignement allemands auraient espionné des "hauts fonctionnaires" français et de la Commission européenne pour le compte de l'Agence nationale de la sécurité américaine (NSA), selon le quotidien Süddeutsche Zeitung (en allemand) paru jeudi 30 avril.

"Le BND [les services de renseignement allemands] a aidé la NSA à faire de l'espionnage politique", écrit le grand quotidien de Munich, précisant que des écoutes de "hauts fonctionnaires du ministère français des Affaires étrangères, du palais de l'Elysée et de la Commission européenne" ont été réalisées depuis la station d'écoutes de Bad Aibling, en Bavière.

Le ministre de l'Intérieur sommé de s'expliquer

Des révélations sur l'espionnage supposé depuis 2008 de firmes européennes par le renseignement allemand pour le compte de la NSA embarrassent depuis lundi le gouvernement de la chancelière Angela Merkel, qui s'est toujours posé en victime de ses alliés américains.

Dans le cas de la surveillance des entreprises, l'espionnage industriel n'a pu avoir lieu que "dans des cas isolés", souligne le Süddeutsche Zeitung, qui précise que les Etats-Unis cherchaient à l'époque des "informations sur des exportations illégales".

En revanche, affirme le quotidien, qui cite une source décrite comme fiable et connaissant les procédures au sein du BND, "le cœur [du problème] est l'espionnage politique de nos voisins européens et des institutions de l'Union européenne". Le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizière, était à l'époque chef de la chancellerie et ne pouvait donc pas ignorer les activités du BND, selon plusieurs médias allemands. Il a proposé de s'expliquer la semaine prochaine devant la commission d'enquête parlementaire allemande chargée de faire la lumière sur les pratiques de la NSA.

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